[COVID19] Vaccination des professionnel·le·s de la petite enfance

[COVID19] Vaccination des professionnel·le·s de la petite enfance

Chaque jour, les professionnel·le·s de la petite enfance sont face à un certain nombre d’enfants qui réclament une proximité que nous ne pouvons pas leur refuser. Chaque année, nombre d’entre nous est victime de différents virus, malgré les mesures d’hygiène. Nous ne pouvons en effet pas respecter les distances de sécurité avec les jeunes enfants dont nous assurons l’accueil. Nous ne pouvons pas leur refuser les câlins, les prendre dans nos bras, sur nos genoux pour les consoler, leur donner le biberon, leur apporter les soins nécessaires à leur confort, à leur sécurité affective, à leur bien-être. Nous ne pouvons pas faire notre travail derrière une vitre, en respectant la distanciation, nous sommes obligés d’être en contact direct et proche des enfants qui nous sont confiés tout au long de la journée.

Les suspicions de COVID chez les professionnel·le·s de la petite enfance, entraînent des absences et des difficultés dans les différents services, des manques de personnel pour accueillir les enfants. Les cas de COVID chez les professionnel·le·s de la petite enfance, entraînent des fermetures partielles ou totales des EAJE, entraînant elles-mêmes des difficultés pour les parents qui doivent alors garder leur enfant et s’absenter de leur travail.

C’est pour ces raisons, que nous demandons, à être parmi les professionnel·le·s prioritaires pour que, sur la base du volontariat, nous puissions être vacciné·e·s dans les meilleurs délais. Et ce, afin de garantir un accueil des jeunes enfants dans les meilleures conditions de sécurité sanitaire possibles.

Télécharger le communiqué (PDF) :

TOUS ENSEMBLE, LUTTONS ET MANIFESTONS le 3 décembre avec le collectif “Pas de bébés à la consigne”

TOUS ENSEMBLE, LUTTONS ET MANIFESTONS le 3 décembre avec le collectif “Pas de bébés à la consigne”

Alors que l’on pourrait se réjouir de la communication récente des conclusions de la Commission des 1000 jours, dans la lignée du très complet rapport Giampino, nous sommes aujourd’hui stupéfaits par le communiqué de presse du ministère des Solidarités et de la Santé sur la Loi ASAP : une réforme des modes d’accueil pour les enfants, les parents et les professionnels.

En effet, sans nier des avancées indéniables dans certains domaines :

  • médecine du travail pour les assistants(e)s maternel(le)s
  • simplification concernant l’administration des médicaments
  • mise en avant de la Charte d’accueil et du référentiel bâtimentaire national 

D’autres mesures menacent gravement la qualité d’accueil des tout jeunes enfants.

De plus, Mr TAQUET revendique l’inscription de ces mesures dans la «continuité du rapport Giampino » et en connexion avec le  rapport de la commission des 1000 premiers jours, ce qui nous semble pour le moins incroyable !

Force est de constater qu’aucune vraie politique de la prime enfance n’existe pas. Pourtant nous l’espérions….

Mesures phares du gouvernement :

Un référentiel bâtimentaire national et opposable de 7m² par enfant en zones d’accueil, mais seulement de 5,5m² dans les zones dites “ tendues “, accompagné d’ un espace extérieur ou d’une salle de motricité d’au moins 20m²

Pourtant le rapport Giampino nous rappelait que “ le petit enfant est au départ néotène, dépendant, mais ouvert et perceptif à ce qui l’entoure “, qu’il convient d’” encourager sa vitalité découvreuse et son mouvement d’apprenant ludique “ et de “ lui offrir la possibilité d’exercer sa plurisensorialité et son déploiement musculaire “ , que “ chaque enfant, notamment à partir d’un an, devrait pouvoir chaque jour accéder à des jeux d’eau, de pétrissages, extérieurs, courir, sauter, grimper, se rouler “ … Difficile dans 5.5 m² !

Le SNPPE veut que soit garanti une surface intérieure de 7 m² minimum par enfant dans les modes d’accueil partout en France et un accès quotidien à un espace extérieur.

A titre dérogatoire, avant 8h et après 18h, les EAJE sont autorisés à ce qu’un seul professionnel puisse accueillir jusqu’à 3 enfants.

Le rapport Giampino spécifie “qu’en raison de la multi-dimensionnalité des liens entre tous les acteurs, les modes d’accueil ne peuvent être conçus uniquement sous l’angle d’un service rendu aux familles, qu’il est essentiel de ne pas opposer l’intérêt des familles et celui des enfants. “ 

Le SNPPE demande la suppression de cette possible dérogation.

– Les Éducateurs de Jeunes Enfants (EJE) pourront diriger tout type d’EAJE : plus d’obligation d’expérience professionnelle de terrain préalable, aucune restriction liée à la taille de l’établissement.

Le rapport pointait aussi le fait que “les encadrants doivent être mieux formés à un mode de direction participatif, à l’animation d’équipe, aux partenariats locaux, tout autant qu’à la gestion administrative et financière d’une structure d’accueil” et “qu’une connaissance approfondie du développement des jeunes enfants et des problématiques de terrain de l’accueil sont nécessaires à cette fonction.” Comment expliquer la position du gouvernement sur ces nouvelles modalités d’accession au poste de directeur d’EAJE, que ce soit pour les EJE, les IPE ou pour tout autre professionnel ?

Le SNPPE exige que la direction des structures EAJE soit assurée par des diplômés dans le champ de la petite enfance, à minima de niveau BAC + 3, avec minimum 3 ans d’expérience et ayant une formation en « direction de structure ».

– Pour les assistants(e)s maternel(le)s l’accueil de 6 enfants maximum (4 au maximum de moins de 3 ans). 

Mais au regard de ce qu’induit possiblement l’accueil d’un tout jeune enfant, “des phénomènes de résonances internes, chez les adultes qui se tiennent auprès de lui, générant des émotions et des pensées parfois très intenses, positives ou négatives “. 

Comment imaginer qu’un professionnel, seul à son domicile, puisse contenir psychiquement autant de jeunes et très jeunes enfants ?

Adrien Taquet confirme mais va plus loin en ouvrant un droit d’option à la main des gestionnaires qui le souhaitent en proposant : un pro pour 6 quel que soit l’âge des enfants.

Pour ce qui concerne les EAJE, on applique en France un ratio enfants/professionnel de 5 enfants non marcheurs/adulte et de 8 enfants marcheurs/adulte. Ce taux est plus faible que la moyenne des pays de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques qui est de 5 enfants/adulte (OCDE, 2019).

L’étude menée par National Institute of Child Health and Human Development montre aussi que lorsque l’environnement est stimulant et bien organisé, que les groupes d’enfants et le ratio d’enfants par professionnel sont de petites tailles, les enfants ont des meilleures compétences attentionnelles, langagières et de mémoire, et des relations plus positives avec leurs pairs et avec les adultes.

Le SNPPE demande que le taux d’encadrement évolue à un·e professionnel·le pour 5 enfants quel que soit l’âge.

– La possibilité d’administrer des médicaments sans ordonnance avec une simple autorisation des parents. 

Mais pourquoi “ouvrir” aux médicaments sans ordonnance ?  Comment s’assurer de la bonne indication des traitements et identifier ceux relevant d’une ordonnance obligatoire de ceux étant accessibles librement ?

– La qualification des professionnels et le ratio 60/40 – 60% de personnels qualifiés, 40% de personnels diplômés ? Le Secrétaire d’État n’y touche pas. 

Le SNPPE rappelle qu’il souhaite un ratio de 100% de personnels qualifiés auprès des enfants.

Il faut cesser avec cette catégorisation qui crée des “sous-professionnel·le·s”. Le rapport Giampino préconisait de constituer une base commune pour la formation des professionnels de l’accueil de la petite enfance. M. Taquet l’a-t-il déjà oublié? Il est temps d’être ambitieux et de proposer des formations pertinentes avec des contenus actualisés en prenant compte des connaissances scientifiques sur les besoins de l’enfant afin de supprimer cette catégorisation.

Quid de la recherche dans les propositions du gouvernement ? 

La commission des 1000 jours a pourtant souligné l’importance de soutenir la recherche-action (ou « recherche interventionnelle »), “qui reste trop rare en France” et qui serait en partie menée par les professionnel(e)s de la petite enfance. La rapport Giampino lui aussi expliquait qu’il faut “lancer et soutenir financièrement des appels d’offres petite enfance de recherches de niveaux Master 2 et Doctorat et créer des bourses de Master et Doctorat fléchées sur des problématiques petite enfance soutenues par les ministères intéressés.” L’intérêt étant bien évidemment d’accompagner les pro, de faire évoluer les pratiques et d’améliorer la qualité d’accueil des enfants et de leurs familles.

– Capacité d’accueil des micro-crèches portée de 10 à 12 enfants. Avec toujours la possibilité à titre dérogatoire d’un accueil en surnombre (115%) . 

La Cour des comptes a pointé dans son rapport de 2013 le problème d’accessibilité financière posé par les micro-crèches “ PAJE ”. Une étude conduite par la Caisse nationale des allocations familiales, en 2012, montre que dans le cas des micro-crèches financées par la prestation d’accueil du jeune enfant complément du mode garde “ structure “, le reste à charge pour les familles est notablement plus élevé. Par ce mode de fonctionnement, le gouvernement va accentuer ces inégalités en augmentant les capacités d’accueil des micro-crèches, alors même qu’elles n’ont pas la même réglementation que les autres EAJE.

Le SNPPE regrette que les conclusions du Conseil de l’union européenne adoptées en 2011, considérant que “ la mise en place de structures de qualité pour l’éducation et l’accueil de la petite enfance présente toute une série d’avantages à court et long termes, tant pour les individus que pour la société au sens large “ ne soient pas prises en compte.

Le SNPPE regrette que M. Taquet n’ait pas repris l’idée d’une “ Journée nationale des professionnel-le-s de l’accueil de la petite enfance sous l’égide du ministère en charge des familles et de l’enfance, pour faire vivre une identité professionnelle nationale, souligner l’utilité publique de l’accueil de la petite enfance et en valoriser les acteurs “.

LE SNPPE regrette que M. Taquet ne suive pas les préconisations du rapport Giampino en sortant “ la facturation à l’heure du système de financement PSU des EAJE “ ceci afin de “  lutter contre les effets paradoxaux de la rationalisation gestionnaire dans les accueils collectifs “.

Le SNPPE regrette que M. Taquet n’a pas entendu les appels du rapport Giampino et du rapport de la commission des 1000 premiers jours alertant sur le fait que les métiers de la petite enfance ne sont “reconnus ni par les qualifications professionnelles, ni par le salaire. Force est de constater, en effet, que la valorisation du statut social et économique des professionnels reste insuffisante. Plus on s’occupe d’enfants jeunes, plus les enjeux sont fondamentaux, plus la complexité du travail est importante, et moins on est payé.”

Le SNPPE regrette que M. Taquet n’ait pas mesuré la portée de ses actes alors que, dans les mêmes rapports, une autre alerte était lancée sur l’impact des conditions de travail actuelles sur les professionnel(le)s de la petite enfance par le biais de témoignages éloquents portant sur “ une blessure narcissique de dévalorisation de soi, de démotivation, de somatisation, d’états dépressifs : “On est épuisés, pas reconnus, avec tout le mal qu’on se donne”. Etats d’insatisfaction parfois masqués cherchant réparation auprès des enfants, dans leur contact, leur affection. Blessure narcissique de ces professionnels, née du contraste que, s’ils représentent tout pour les petits, ils ne représentent rien pour la société. Lorsque l’enfant et les parents deviennent une compensation affective, le risque est que l’enfant se fasse lui-même “ gratifiant ” pour entretenir la spirale. “

Stupéfaction, regrets mais pas de résignation!!!

M.  Taquet n’a clairement pas lu le rapport Giampino car si c’était le cas, il ne ferait pas de telles propositions. Il ne suit pas non plus les préconisations de la Commission des 1000 jours. NON ! Non, à ces mesures indignes des jeunes enfants qui vont à l’encontre de toutes les recommandations de ce que nous savons des spécificités de leur développement.

Grande reconnaissance pour la petite enfance

Grande reconnaissance pour la petite enfance

Le Syndicat National des Professionnel·le·s de la Petite Enfance, les organisations professionnelles et familiales UFAL, FNEJE et UFNAFAAM, avec le soutien du SNMPMI demandent qu’il soit expressément mis en place une prime permettant à l’ensemble des professionnel·le·s d’être reconnu pour leur engagement constant depuis le début de la crise sanitaire.

En effet, depuis le 17 mars 2020, l’ensemble des professionnel·le·s mobilisé afin de répondre aux besoins des familles est resté dans l’ombre.

Alors que celles et ceux des secteurs de la Santé, du médico-social et des EHPAD ont perçu, à juste titre, une prime exceptionnelle pouvant aller jusqu’à 1500€[1], le secteur de l’accueil de la Petite Enfance et celui de la Protection de l’Enfance sont les grands oubliés de ces dispositifs !

Pourtant, historiquement, ces secteurs souffrent de salaires très bas et de conditions de travail toujours plus difficiles au fil des réformes !

Malgré celà, que ce soit du côté de l’accueil individuel comme de l’accueil collectif des jeunes enfants, ces professionnel·le·s essentiel·le·s ont su montrer leur engagement, leur adaptabilité et leur constance.

Aujourd’hui, ils et elles restent plus que jamais investi·e·s et présent·e·s sur le terrain pour permettre non seulement l’accueil des tout-petits des personnels de santé mais aussi de tous les parents !

Aussi, nous demandons au gouvernement d’attribuer une prime exceptionnelle à la hauteur de leur engagement à tout·e·s les professionnel·le·s de la Petite Enfance du Public comme du Privé.


[1] Décret n° 2020-711 du 12 juin 2020 relatif au versement d’une prime exceptionnelle aux personnels des établissements et services publics sociaux et médico-sociaux de la fonction publique hospitalière, de la fonction publique territoriale et de la fonction publique de l’Etat dans le cadre de l’épidémie de covid-19

Comprendre la loi ASAP 3/3 : les propositions du SNPPE

Comprendre la loi ASAP 3/3 : les propositions du SNPPE

Le SNPPE exige que les propositions de la commission des 1000 premiers jours soient rapidement mises en œuvre et non dans 10 ans comme l’a encore annoncé la DGCS cette semaine. Le regard de cette commission sur les besoins du jeune enfant est bien en lien avec les connaissances scientifiques actuelles. Arrêtons d’avoir des années de retard sur l’accueil du jeune enfant ! 

Le SNPPE reprend largement les propositions de la commission et y apporte ses propres ajouts : 
1/ Le SNPPE a lancé une pétition pour les masques inclusifs dans la petite enfance. Il s’agit de prendre aussi en compte les besoins de l’enfant et d’éviter que le sanitaire ne dicte sa loi en EAJE. Le retour 50 ans en arrière est inadmissible !
2/ Assurer que la théorie de l’attachement soit connue de tous les professionnels de la petite enfance, et adapter la pratique de la référence qui en découle à la réalité des EAJE qui permet une continuité des soins dispensés à l’enfant et contribue significativement à la qualité de l’accueil et à une relation de confiance enfant-parents-professionnels.
4/ Valoriser la rémunération et investir fortement dans la formation initiale et continue de qualité des professionnels de la petite enfance exerçant dans les modes d’accueil collectifs et individuels,
5/ Assurer que la direction des structures EAJE soit assurée par des diplômés dans le champ de la petite enfance, à minima de niveau BAC + 3, avec minimum 3 ans d’expérience et ayant une formation en « direction de structure »,
6/ Proposer un module commun et interdisciplinaire sur le développement de l’enfant à tous les professionnels de l’accueil ; à mettre à disposition des juges pour enfants, pédiatres, professionnels de la protection de l’enfance et de l’éducation nationale,
7/ Mettre en place un module sur la place de l’éveil culturel et artistique et de la nature en lien avec le développement de l’enfant,
8/ Proposer une campagne de communication pour valoriser les métiers de la petite enfance, susciter des vocations et faciliter les recrutements de professionnels motivés.
9/ un investissement dans la création de modes d’accueil sur la base d’analyse des besoins des territoires pour mieux répondre aux enjeux de couverture du territoire par des modes d’accueil adaptés.
10/ Proposer un mode de financement universel pour tous les modes d’accueil individuels et collectifs
11/ Repenser les espaces d’accueil en les mettant en conformité avec les conclusions des recherches scientifiques sur l’apport de la nature sur le développement de l’enfant,
12/ Garantir une surface intérieure de 7 m² minimum par enfant dans les modes d’accueil partout en France et un accès quotidien à un espace extérieur,
13/ Veiller à ce que tous les modes d’accueil proposent un environnement sain, protégé notamment de l’exposition aux produits toxiques et aux perturbateurs endocriniens,
14/ Assouplir les normes sécuritaires venant parfois entraver certaines initiatives pédagogiques, par exemple pour encourager les sorties quotidiennes à l’extérieur, accéder à la nature, aux animaux, aux activités libres etc.
15/ Créer une instance nationale ou un service intégré pérenne constitué d’experts scientifiques et du terrain dédié à la qualité de l’accueil du jeune enfant pour favoriser le continuum éducatif et la fluidité du parcours de vie de l’enfant. Cette instance aurait vocation à préconiser les référentiels de qualité fondés sur les recherches actualisées dans ce domaine, à recommander des dispositifs spécifiques pour les populations à risque ou à besoins spécifiques ou encore à favoriser les liens entre institutions.
16/ Déterminer la collectivité territoriale compétente pour les modes d’accueil et aller vers un « droit opposable » à l’accueil de l’enfant, comme dans les pays nordiques,
17/ Proposer un cahier des charges universel pour encadrer les délégations de service public et les marchés publics et former les nouveaux élus petite enfance qui créent des places d’accueil.
18/ Favoriser l’implication des parents au sein des EAJE en les rendant acteurs du projet d’établissement et en leur permettant de participer à des activités réunissant enfants, parents et professionnels : débats, réunions thématiques, sorties, fêtes, goûters, conférences, activités culturelles et artistiques, et soutien de l’équipe. Les EAJE pourront ainsi être aussi des lieux naturels de soutien à la parentalité ;
19/ Faciliter l’accueil du bébé allaité en crèche : respect des rythmes, soutien de la mère, transport et conservation du lait maternel ;
20/Offrir un accueil prioritaire des enfants à besoins particuliers (handicap, troubles du développement, maladies chroniques, en situation de vulnérabilité) :
– Former les professionnels à la détection précoce des troubles du développement,
– Fournir aux structures qui bénéficient du bonus handicap une formation à l’accompagnement de ces enfants pour favoriser leur inclusion,
– Accueillir en priorité les enfants de familles vivant sous le seuil économique de pauvreté, quel que soit le type de structure ou de gestionnaire. 
21/ Mettre en valeur la diversité culturelle et le plurilinguisme des enfants accueillis dans les EAJE.

Quoi qu’en dise le gouvernement, les professionnel·le·s de la petite enfance ne peuvent se contenter d’une politique petite enfance qui sert juste à favoriser les pratiques des gestionnaires en simplifiant des normes afin d’améliorer la rentabilité des EAJE. 
– Les rapports de Sylviane Giampino et des 1000 premiers jours se succèdent
– Les analyses s’enchaînent: Pierre Moisset avec l’étude APEMA (Accueillir la Petite Enfance dans le Monde d’Après), Arnaud Deroo avec sa lettre ouverte à Adrien Taquet
Tout cela montre qu’il n’est plus possible d’organiser l’accueil du jeune enfant sans faire évoluer le cadre d’accueil, les pratiques et les formations des professionnel·le·s. 
Le gouvernement lance avec le PLF 2021 (Projet de Loi de Finances)  un grand plan de relance de l’économie qui ne passe pas par la petite enfance ! Les annonces d’Adrien Taquet sont bien faibles par rapport aux enjeux. Or, le secteur de la petite enfance accompagne les tout-petits, l’avenir de la société. Et que lui propose-t-on ? Une simplification des normes pour que l’accueil soit plus facile à organiser. Mais les professionnel·le·s n’en veulent pas. 

Les professionnel·le·s veulent :

  • une reconnaissance de la part des gestionnaires avec des salaires décents, 
  • du respect avec des conditions de travail de qualité pour l’accueil du jeune enfants, c’est-à-dire avoir plus de professionnels auprès des enfants, réduire le ratio à 1 professionnel·le pour 5 enfants de tout âge, et bien sûr avec des personnels hautement qualifiés grâce aux formations initiales et continues à la hauteur des besoins du jeune enfant et des connaissances scientifiques.

Le SNPPE rappelle qu’il s’est créé autour de ces attentes et qu’il ne cessera de les porter tant que le gouvernement n’aura pas enfin choisi une politique petite enfance ambitieuse, quoi qu’il en coûte pour reprendre les mots du Président de la République. 

Comprendre la loi ASAP 2/3 : les constats du SNPPE

Comprendre la loi ASAP 2/3 : les constats du SNPPE

Comme toujours, les promesses n’engagent que celles et ceux qui y croient !
Nous constatons, encore une fois, que le gouvernement n’œuvre ni pour le bien-être des tout-petits dans les modes d’accueil, ni pour les professionnel·le·s du secteur qui ont pourtant, eux aussi, permis au pays de faire face à la crise sanitaire tout comme de nombreux autres métiers en accueillant les enfants des personnels prioritaires et essentiels pour combattre le virus pendant le confinement.
Tout comme il est important pour le gouvernement que l’économie ne s’effondre pas, il est important pour le pays que les tout-petits ne soient pas les sacrifiés de la crise sanitaire. Ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas encore de voix pour exprimer leurs besoins, qu’il faut réduire au silence les mesures nécessaires à leur développement :

Port du masque obligatoire alors que la communication non-verbale est essentielle et que nous ne savons pas les répercussions futures de ces choix dans le développement et les apprentissages des enfants.
Non-respect des enfants qui devront dans les secteurs immobiliers à forte tension s’entasser comme des sardines au fond de leur boîte de conserve. Comment peut-on sacrifier cela et admettre de telles conditions juste pour des considérations purement économiques ?
Non-respect des professionnel·le·s avec des annonces orales suivi d’un cadre écrit toujours trop tard, leur demandant de s’adapter du jour au lendemain tout en maintenant la qualité d’accueil des enfants et des familles (le comble est tout de même la dernière version parue le 02 octobre, datée du 25 septembre sur le document et dont certaines mesures sont applicables depuis… le 12 septembre !) ;
Non-respect des professionnel·le·s d’un secteur presque à 100% féminin et ayant des salaires de misère pour des responsabilités quotidiennes : accueillir les tout-petits, futur de la société, encadrer des équipes dans un contexte réglementaire mouvant, des moyens financiers de plus en plus restreints, pour des salaires qu’aucun manager dans un autre secteur n’accepterait.
Non-respect des professionnel·le·s qui, malgré le rôle essentiel pendant la crise (et c’est toujours le cas puisque le gouvernement propose aux assistants maternels de garder en urgence un 5e enfant avec le même agrément. Tiens, une semaine, c’est justement la durée d’un confinement en cas de cas positif dorénavant, bizarre…) n’ont eu droit à AUCUNE prime, AUCUNE reconnaissance (ah si, un merci du secrétaire d’Etat lors de son Facebook live de lundi pour les assistant·e·s maternel·le·s… Trop généreux !).
Non-respect des professionnel·le·s qui ont le droit d’être TOUS formés, afin d’arrêter d’être considérés comme des professionnel·le·s de seconde zone pour certains.

[A suivre] Comprendre la loi ASAP 3/3 : les propositions du SNPPE

Comprendre la loi ASAP 1/3 : pourquoi légiférer par ordonnance ?

Comprendre la loi ASAP 1/3 : pourquoi légiférer par ordonnance ?

Après les annonces d’Adrien Taquet sur la petite enfance, le constat est sans appel :
Les modes d’accueil ne sont pas, encore une fois, une priorité du gouvernement.
En effet, mise à part une avancée attendue depuis (trop) longtemps pour les assistant·e·s maternel·le·s, la médecine du travail, il n’y AUCUNE annonce. Il est temps de rétablir la vérité. Le SNPPE s’y emploie maintenant.

Le gouvernement attend avec impatience que la loi ASAP  (Accélération et Simplification de l’Action Publique) et son article 36 qu’il a réintroduit avant toute autre annonce pour le secteur des modes d’accueil. Pour quelles raisons ?
Tout simplement parce que l’article 36 lui permet de légiférer par ordonnance. C’est-à-dire ?
Le gouvernement explique que légiférer par ordonnance lui permet d’agir plus rapidement tout en respectant les droits du pouvoir législatif .
Alors, petit rappel : le projet d’ordonnance pour légiférer le secteur de la petite enfance date de 2018 ! En ce qui concerne d’agir rapidement, le gouvernement peut donc déjà revoir sa copie ! Pour le SNPPE, il s’agit donc plus d’éviter le débat parlementaire et donc démocratique que d’aller vite.
Mais alors pourquoi légiférer par ordonnance ?
Tout simplement car un tableau des mesures retenues après consultation a été arrêté en décembre 2019 par la DGCS (Direction Générale de la Cohésion Sociale) et que le gouvernement actuel entend bien le passer tel quel malgré les observations des professionnels et des familles du contexte d’accueil des enfants pendant la crise sanitaire. Il entend le passer ainsi alors qu’il vient lui-même de recevoir le rapport de la commission des 1000 premiers jours reprenant dans ses propositions une large série de revendication du collectif « Pas de bébés à la consigne » que celui porte depuis des années.

Rappel : la commission des 1000 premiers jours a été installée par le président de la république lui-même en septembre 2019 avec ces mots : « Je prends l’engagement devant vous que l’on fera, vous n’êtes pas seulement là pour écrire ou pour dire. Éclairez-nous pour que des décisions soient prises. C’est un sujet à mes yeux très important ». C’est en ces termes qu’Emmanuel Macron a lancé les travaux de la commission 1000 premiers jours lors de sa constitution.

[A suivre] Comprendre la loi ASAP 2/3 : les constats du SNPPE