Le SNPPE réagit à la déclaration du ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées devant le Comité de Filière Petite Enfance

Le SNPPE réagit à la déclaration du ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées devant le Comité de Filière Petite Enfance

Le ministre a pris la parole ce matin, comme il l’avait promis, pour annoncer au Comité de Filière Petite Enfance, présidée par Elisabeth Laithier, sa feuille de route pour les mois à venir pour le secteur de la petite enfance.

Le SNPPE, à cette occasion, réitère les attentes qu’il porte à la lumière des convictions énoncées par Jean-Christophe COMBE.

RECONNAISSANCE et REVALORISATION SALARIALES CONDITIONS DE TRAVAIL DÉCENTES

Pour le SNPPE, le ministre des Solidarités prend encore une fois le problème à l’envers. 

En énonçant la question des salaires qu’à la fin de son discours, en expliquant que la démarche qu’il veut initier prendra au minimum… 9 mois, il minimise l’urgence de la revalorisation salariale attendue dans la petite enfance. Rappelons que ces métiers sont sous-payés depuis trop longtemps, que les professionnel·le.s, en quasi totalité des femmes subissent en permanence la non-reconnaissance de leur métier, les clichés de genre, et dorénavant une inflation qui met à mal un pouvoir d’achats déjà très réduit.

Le SNPPE prend aux mots le ministre. Si l’État est prêt à accompagner financièrement des revalorisations salariales, il n’y a pas besoin d’accoucher dans 9 mois d’un énième état des lieux pour prendre des décisions ! Les constats sont là. Il faut agir immédiatement !

Cette reconnaissance viendra aussi d’une amélioration conséquente des conditions de travail. Le SNPPE a travaillé sur les risques professionnels dès sa création avec la CARSAT et l’INRS. Il ne peut donc qu’approuver cette attente ministérielle et espère qu’elle se concrétisera par des avancées substantielles. La liste de situations à risque est encore bien trop longue : port de charge répétitif, nuisances sonores, sols glissants ou encombrés par des jouets, risques psychosociaux, contacts quotidiens avec des enfants potentiellement malades, avec du linge ou des couches souillés, utilisation de produits ménagers et de produits de toilette, etc.

ABROGATION DE L’ARRÊTÉ DU 29 JUILLET

Nous sommes sur le terrain. Nous vivons la pénurie de professionnel.le.s au quotidien. Comment peut-on imaginer pouvoir, de manière efficace et sans que cela ne se fasse au détriment des enfants en plus, former des personnes sans aucune expérience, sans aucune connaissance de l’enfant, de son développement, des contraintes de la collectivité ?

Le SNPPE ne s’est pas créé pour se faire l’écho de la bonne parole ministérielle. Il a vu le jour pour porter la voix des professionnel·le·s qui l’ont rejoint et qui le soutiennent. Les craintes sont là. Elles sont bien réelles et justifiées. Nous ne les tairons pas.

Quoi qu’en dise le ministre, ce n’est pas avec quelques jours d’accompagnement dans l’année que l’on forme un·e professionnel·le de la petite enfance. 

Quant à la VAE (Validation des Acquis par l’Expérience), comment peut-il penser qu’un·e auxiliaire de puériculture (AP), par exemple, au bout d’un an d’expérience pourra obtenir un diplôme d’éducateur·trice de jeunes enfants (EJE) en 3 mois ? La VAE est un parcours de réflexion également nécessaire à l’obtention du diplôme, un temps de réflexion pour changer sa posture professionnelle, pour la faire évoluer. Une VAE en 3 mois seulement avec un an d’expérience équivaut à brader la formation d’EJE ou bien dire qu’on envoie les AP vers l’échec.

Le SNPPE renouvelle sa demande d’abroger l’arrêté du 29 juillet 2022. En effet, nous sommes curieux de savoir sur quelles études le ministre s’appuie, pour préconiser l’encadrement des enfants par du personnel non qualifié ?

Pour faire face à la pénurie de personnel en crèches en sa qualité de ministre de la “Petite enfance”, M. Combe aurait pu aussi, décider d’augmenter le pourcentage de diplômés (comme le fait le Danemark, avec une augmentation de 50% à 80% des professionnel·le·s au niveau Bac+3 entre 2022 et 2024) et baisser le ratio d’encadrement comme le préconise le rapport de la commission des 1000 premiers jours remis en 2020. Il n’en est rien.

“Pour réussir, nous devons jouer collectif et agir chacun en responsabilité.”

Le SNPPE reprend les propos du ministre à son compte. Quand est-ce que le ministre nous a reçus depuis sa prise de fonction ? Quand a-t-il pris le temps de nous recevoir pour nous écouter, pour que nous puissions échanger nos réalités et ainsi avancer dans l’écoute et la bienveillance, si chères aux professionnel·le·s de la petite enfance ?

Heureusement que les professionnel·le·s restent justement groupé·e·s depuis des années, solidaires face à la crise sanitaire, à la pénurie de professionnel·le·s, sinon, cela ferait bien longtemps que le secteur de la petite enfance se serait écroulé ! Si nous ne l’avions pas joué “groupé”, nous en serions où, à votre avis, M. Combe ???

LE SNPPE APPELLE L’ENSEMBLE DES PROFESSIONNEL·LE·S
DE LA PETITE ENFANCE À REJOINDRE
LA MOBILISATION NATIONALE PORTÉE PAR LE COLLECTIF
“PAS DE BÉBÉS À LA CONSIGNE” LE 6 OCTOBRE. 

1er congrès du SNPPE

1er congrès du SNPPE

Le 1er congrès du SNPPE….c’est le 1er octobre en visio !!!

Le matin, l’accueil se fera à partir de 9h30.

Une table ronde, ouverte à TOUS les professionnels, est proposée. Elle a pour thématique :

« #amavraievaleur : accueillir le jeune enfant et sa famille aujourd’hui en valorisant les professionnel·le·s ou comment répondre à la contradiction actuelle dans le secteur de la petite enfance »

Les intervenants sont : 

  • Géraldine CHAPURLAT, consultante chez Formaneo
  • Patricia HUMANN, Coordinatrice pôle école, petite enfance, jeunesse et Yvon SERIEYX, chargé de mission conciliation vie familiale-vie professionnelle, de l’UNAF (Union Nationale des Associations Familiales)
  • Richard SANCHO ANDREO, président du FURET Petite Enfance & Diversité

Merci d’en parler autour de vous !

Cette table ronde sera diffusée sur le site, Facebook et Youtube.

L’après-midi est réservé aux adhérents.

A l’ordre du jour :

  • rapport moral
  • rapport financier
  • vote des nouveaux statuts et du nouveau réglement intérieur
  • élection du Bureau National
Analyse du bilan de la DGCCRF sur les micro-crèches

Analyse du bilan de la DGCCRF sur les micro-crèches

Le moins que l’on puisse dire, c’est “qu’il était temps!”. Les micro-crèches existent depuis 2007 et il aura fallu attendre 14 ans pour que la DGCCRF commence à regarder les pratiques commerciales dans la petite enfance.

Deux bémols cependant à ce constat de départ : 

  • Pourquoi n’avoir visé que les micro-crèches et non l’ensemble des crèches du secteur privé (lucratif ou non)?
  • Et, s’il est normal que les structures ayant déjà fait l’objet d’un signalement ou d’une plainte soient visitées en premier, pourquoi ne pas l’avoir précisé dans le communiqué de presse, laissant sous-entendre que le “taux d’anomalie” est si élevé d’une manière générale ? Non, si la DGCCRF regarde en priorité des structures déjà identifiées, forcément, le taux est plus élevé que la réalité des structures.

Venons en maintenant à l’analyse du bilan (téléchargeable à la fin de cet article). Tout d’abord, avec 58 départements concernés et 364 établissements, le panel est relativement large pour que les observations reflètent une réalité du secteur.

L’opacité des prix pratiqués

Pour le SNPPE, ces observations sont vraiment très dommageables pour les familles. Ces pratiques ne leur permettent pas de se projeter de manière éclairée sur la somme que va leur coûter une micro-crèche. Les pratiques qui donnent un tarif final, toute aide comprise, et qui ne reflètent pas la réalité du coût pour la famille au quotidien, sont à la limite de la publicité mensongère. 

Des clauses illicites et abusives

La DGCCRF dénombre un panel d’abus impressionnant !

Pour le SNPPE, la liste de ces clauses illicites et abusives est beaucoup trop longue ! Elle ternit l’image des Établissements d’Accueil de Jeunes Enfants en prenant en otage les familles clientes avec des clauses ne laissant que peu de possibilité de changer d’avis sous peine de frais importants et démesurés.

La remise de note avant paiement

Là encore, le SNPPE note que les “oublis” sur les factures sont toujours en défaveur des familles. 

Les pratiques déloyales et communications mensongères

Pour le SNPPE, il est intolérable que la qualification des professionnelles soit faussée. S’il était encore besoin de le prouver, il voit dans ces pratiques et la parution de l’arrêté du 29 juillet 2022, la collusion entre le secteur privé lucratif et le gouvernement. Il est temps que cela cesse !

Encore une fois, ce sont les familles qui sont au cœur de ces pratiques déloyales, mensongères et qui en paient le prix fort aussi bien sur les services promis (pédagogiques, alimentation) que dans les fournitures (couches, produits de nettoyage, mobilier…).
Le SNPPE regrette que la CAF ne contrôle pas suffisamment les établissements pour éviter les facturations abusives. Ce contrôle permet pourtant un accompagnement des gestionnaires vers une pratique tarifaire conforme aux attentes demandées dans ses conventions. 

Les résultats obtenus par l’enquête de la DGCCRF montrent que le marché doit être largement plus surveillé qu’une fois tous les 14 ans. Le SNPPE espère que la DGCCRF établira désormais des contrôles réguliers sur l’ensemble du territoire.

Par ailleurs, la DGCCRF “excuse” ces pratiques par le fait d’une méconnaissance des obligations du Code de la Consommation par rapport à leur maîtrise du Code de la Santé Publique.

Néanmoins, la rédaction de certaines clauses données en exemple dans le bilan illustre, bien au contraire, l’appui de conseils ou de services juridiques. Par conséquent, le SNPPE doute de “l’oubli” de certains gestionnaires. Il y voit plutôt des pratiques volontaires pour que les familles puissent difficilement quitter l’établissement une fois qu’elles ont clientes. 

Ainsi, certaines observations comme la longue liste de clauses au détriment des familles est intolérable et met à mal un secteur déjà en souffrance. 

Le SNPPE invite les professionnels et les familles à ne cesser de signaler toutes les pratiques qui sont mensongères, trompeuses, abusives en utilisant, par exemple, SignalConso. En effet, les familles sont, dans une certaine mesure, prises au piège par ces pratiques : elles ont besoin d’une place dans un mode d’accueil dans un secteur en pénurie de personnel, elles peuvent avoir peur des représailles sur leur enfant ou sur le contrat (surtout quand on voit que certains gestionnaires se donnent tous les droits pour le rompre du jour au lendemain). 

Il est temps que ces pratiques qui ne sont le fait que de certains gestionnaires cessent, afin qu’elles ne viennent pas ternir l’ensemble du secteur privé. De même, un contrôle similaire des structures publiques est tout aussi souhaitable.

Communiqué de presse de la DGCCRF du 25 août 2022

Bilan de l’enquête de la DGCCRF publié en août 2022

Précisions de la DGCCRF : Certaines anomalies relatives à l’absence de mention du dispositif Bloctel (évoquées dans le bilan détaillé ci-dessous) ayant pu être enregistrées par erreur, le communiqué de presse (ci-dessus) ne les a pas prises en compte.

Mise à jour : le 02/09/2022 à 18h20 (ajout de la précision DGCCRF)

Crèche : face à la pénurie de professionnels, le gouvernement autorise le recrutement de non-diplômés

Crèche : face à la pénurie de professionnels, le gouvernement autorise le recrutement de non-diplômés

Sécurité des enfants, braderie des diplômes, nouvelles tâches d’encadrement. Les professionnels de la petite enfance ne cachent pas leur colère. Blandine Leroy est responsable d’une structure d’accueil dans un établissement privé non lucratif à Paris. Elle est également membre du bureau national du Syndicat national des professionnels de la petite enfance. (SNPPE). Elle sait la difficulté de trouver du personnel. (En France, il manquerait 10 000 professionnels dans le secteur) mais se dit aujourd’hui très inquiète dénonçant l’arrêté ministériel.

Source : Crèche : face à la pénurie de professionnels, le gouvernement autorise le recrutement de non-diplômés