Les bébés méritent mieux que les poulets bio !

Les bébés méritent mieux que les poulets bio !

Jeudi 18 mars, le gouvernement, par la voix de son Premier Ministre, a annoncé “une mesure de freinage sans enfermement” pour un mois dans 16 départements des régions Ile-de-France,  Hauts-de-France, et partiellement Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Normandie.

Le gouvernement tient compte cette fois-ci l’importance du lien avec la nature et de l’impact néfaste de l’enfermement dans un petit espace. Des élus locaux l’ont bien souligné dans leurs réactions[1]. Le SNPPE le constate également : ce “confinement dehors” est bien imposé, sans que le gouvernement ne l’avoue, en lien avec les spécificités des logements des zones fortement peuplées.

Le SNPPE dénonce encore et toujours avec force le projet de réforme des modes d’accueil de la Petite Enfance que le gouvernement mène, par l’intermédiaire de son Secrétaire d’Etat à l’Enfance et à la Famille.. En effet, il persiste à le maintenir alors que le collectif Pas de Bébés à la Consigne appelle à une nouvelle journée de mobilisation le 30 mars prochain. Car malgré ce qu’a fait croire Adrien Taquet en diffusant les textes définitifs, la réforme n’est toujours pas officielle. La DGCS a, vendredi 19 mars au soir, lendemain de l’annonce de ce “confinement ouvert”, diffusé aux acteurs de la petite enfance une nouvelle version du projet d’arrêté créant un référentiel national bâtimentaire destiné aux crèches. N’étant pas à une contradiction près, le gouvernement maintient ainsi sa volonté de ”parquer” les bébés dans 5.5 m² dans ces mêmes zones où il permet un “freinage sans enfermer”. Il veut aussi permettre de ne pas rendre obligatoire un espace extérieur pour les futures crèches de 24 places ou moins et seulement 2 m²/bébé en extérieur à partir de 25 places.

Il s’obstine donc à réduire les espaces d’accueil pour les jeunes enfants !
Intérieur comme extérieur !

IL N’EST PAS POSSIBLE qu’un gouvernement demandant un rapport sur la qualité d’accueil du jeune enfant[2] l’ignore à ce point dans sa réforme.

Le SNPPE appelle
TOUS LES PROFESSIONNEL·LES de la PETITE ENFANCE à SE MOBILISER

LE 30 MARS PROCHAIN A L’APPEL DU COLLECTIF PAS DE BEBES A LA CONSIGNE

pour dire NON à la réforme TAQUET de la petite enfance.

LES PROFESSIONNEL·LES DE LA PETITE ENFANCE VEULENT QUE LEURS MÉTIERS SOIENT RESPECTÉS, RECONNUS et VALORISÉS à la hauteur de la tâche immensément importante qu’est l’accueil du jeune enfant au quotidien dans un environnement sécurisant.

IL DEMANDE immédiatement à Adrien TAQUET de reprendre le dialogue avec les acteurs de la petite enfance et de revoir sa copie en ayant enfin une VRAIE AMBITION pour les jeunes enfants.


[1] Arrivée de Parisiens en Bretagne : le maire de Saint-Malo appelle à la responsabilité
Confinement des Hauts de France : “il fallait prendre ces mesures”, estime Martine Aubry

[2] Les 1 000 premiers jours : Boris Cyrulnik remet le rapport de la commission d’experts à Adrien Taquet, secrétaire d’État en charge de l’Enfance et des Familles

Communiqué à télécharger

[Pétition] A la crèche, montrons nos visages aux bébés.

[Pétition] A la crèche, montrons nos visages aux bébés.

Suite à la tribune parue le 8 mars 2021 dans le Figaro et signée par 120 personnes et organismes, le SNPPE partage la pétition lancée à l’initiative des auteures de la tribune. Pour rappel, dès le 18 janvier 2021, le syndicat a publié un communiqué demandant “à être parmi les professionnel·le·s prioritaires pour que, sur la base du volontariat, nous puissions être vacciné·e·s dans les meilleurs délais. Et ce, afin de garantir un accueil des jeunes enfants dans les meilleures conditions de sécurité sanitaire possibles“.

Cette pétition appelle à :

  • Un droit à la vaccination prioritaire des personnels de la petite enfance, au même titre que les personnels de santé,
  • Dans les espaces extérieurs, l’organisation de moments sans masque, en maintenant une distance de sécurité. Ces temps seraient inscrits au planning dès que la météo le permet, et pour toutes les sections. Ils pourraient se tenir une fois par demi-journée,
  • En intérieur, des moments sans masque lorsque l’adulte est seul avec un enfant.
  • Et pour engendrer encore davantage de moments sans masque, encourager les professionnels à se séparer physiquement les unes et les uns, des autres, dès que cela est possible. Cette norme organisationnelle – se répartir les enfants en petits groupes, à condition que les locaux le permettent – fait déjà partie des bonnes pratiques. Mais il s’agirait d’aller plus loin en l’appliquant systématiquement quand le contexte le permet : ce point pourrait faire l’objet de groupes de travail, dans les plus brefs délais.

Ces quatre mesures nous paraissent à même de réconcilier les contraintes sanitaires et les besoins capitaux des enfants. Il s’agit de permettre, au plus vite, que les tout-petits soient au contact quotidien de personnes dont ils puissent voir le visage et entendre correctement la voix.

Pour signer la pétition, cliquez ici.

Stop au mépris !

Stop au mépris !

Ce mardi 2 février 2021, dans une trentaine de villes de France, les Professionnel.le.s de la Petite Enfance se sont mobilisé·e·s pour protester contre la réforme des modes d’accueil.

Dans le cadre du Collectif Pas de bébés à la consigne, nous avons demandé à être reçu·e·s par Monsieur Adrien Taquet, Secrétaire d’État en charge de l’Enfance et des Familles auprès du Ministre des Solidarités et de la Santé. Encore une fois, ce dernier n’a pas daigné nous recevoir mais nous a fait recevoir par Monsieur Blin, son conseiller.
Pendant notre entrevue, Monsieur Blin s’est montré attentif, il a pris quelques notes. Il nous a entendu… mais nous a-t-il écouté ? Pas sûr.

Lorsqu’on lui parle d’enfants, lui nous parle de moyennes. Quand on lui parle de qualité d’accueil, lui nous répond: “qu’un adulte pour 6 enfants, c’est mieux que, en moyenne, un adulte pour 7 enfants”. Certes, envisagé sous cette forme, c’est mieux. Mais en pratique, NON !!! M. Taquet nous propose 1 pro pour 6 enfants qui ne marchent pas alors qu’actuellement c’est 1 pro pour 5 ! Nous demandons simplement à ce que ce maximum soit maintenu.

Le rapport de la Commission des 1000 premiers jours en septembre 2020, l’avis du Haut Conseil de la Famille, de l’Enfance et de l’Age en octobre 2020, le rapport Giampino en 2016, préconisaient une variété de dispositifs précurseurs pour améliorer la qualité de l’accueil des jeunes enfants et de leurs familles.

Cependant, afin de répondre aux objectifs gouvernementaux de création de places de crèche, nous constatons à l’évidence, qu’il est plus “facile” de réduire les m² nécessaires à la vie des enfants et le nombre de professionnel·le·s pour s’en occuper que de créer de nouvelles places d’accueil individuel ou collectif. Aussi, là où, jusqu’à présent, on ne pouvait accueillir « que » 30 bébés pour 6 professionnel·le·s, on pourra accueillir le même nombre de bébés mais avec seulement 5 professionnel·le·s.

Le choix est financier sans aucune preuve d’humanité : réduction des espaces et du nombre de professionnel·le·s. en 2021, l’Etat Français n’a-t-il vraiment que cette facilité d’option pour accueillir dans le monde les nouvelles générations ???

Ne sacrifions pas les jeunes enfants pour des raisons purement économiques. Nous leur devons toute notre attention, nous leur devons le droit de pouvoir s’épanouir en toute sécurité physique, affective et relationnelle aussi.
Nous trouvons déplorable le comportement de M. Taquet à l’égard des pros de la petite enfance, malgré une apparence de communiquant et ses belles phrases officielles. Pourquoi ne pas écouter nos témoignages et le quotidien de tou·te·s les pros qui travaillent entre 35 et 50h par semaine avec des petits enfants de moins trois ans ???

Aujourd’hui, en sortant de notre entrevue, nous restons sur ce sentiment de mépris envers nous, Professionnel·le·s de la Petite Enfance.

Monsieur Taquet, nous demandons à être reçu·e·s, écouté·e·s et enfin pris·e·s au sérieux !

Le Bureau National du SNPPE

[COVID19] Vaccination des professionnel·le·s de la petite enfance

[COVID19] Vaccination des professionnel·le·s de la petite enfance

Chaque jour, les professionnel·le·s de la petite enfance sont face à un certain nombre d’enfants qui réclament une proximité que nous ne pouvons pas leur refuser. Chaque année, nombre d’entre nous est victime de différents virus, malgré les mesures d’hygiène. Nous ne pouvons en effet pas respecter les distances de sécurité avec les jeunes enfants dont nous assurons l’accueil. Nous ne pouvons pas leur refuser les câlins, les prendre dans nos bras, sur nos genoux pour les consoler, leur donner le biberon, leur apporter les soins nécessaires à leur confort, à leur sécurité affective, à leur bien-être. Nous ne pouvons pas faire notre travail derrière une vitre, en respectant la distanciation, nous sommes obligés d’être en contact direct et proche des enfants qui nous sont confiés tout au long de la journée.

Les suspicions de COVID chez les professionnel·le·s de la petite enfance, entraînent des absences et des difficultés dans les différents services, des manques de personnel pour accueillir les enfants. Les cas de COVID chez les professionnel·le·s de la petite enfance, entraînent des fermetures partielles ou totales des EAJE, entraînant elles-mêmes des difficultés pour les parents qui doivent alors garder leur enfant et s’absenter de leur travail.

C’est pour ces raisons, que nous demandons, à être parmi les professionnel·le·s prioritaires pour que, sur la base du volontariat, nous puissions être vacciné·e·s dans les meilleurs délais. Et ce, afin de garantir un accueil des jeunes enfants dans les meilleures conditions de sécurité sanitaire possibles.

Télécharger le communiqué (PDF) :

TOUS ENSEMBLE, LUTTONS ET MANIFESTONS le 3 décembre avec le collectif “Pas de bébés à la consigne”

TOUS ENSEMBLE, LUTTONS ET MANIFESTONS le 3 décembre avec le collectif “Pas de bébés à la consigne”

Alors que l’on pourrait se réjouir de la communication récente des conclusions de la Commission des 1000 jours, dans la lignée du très complet rapport Giampino, nous sommes aujourd’hui stupéfaits par le communiqué de presse du ministère des Solidarités et de la Santé sur la Loi ASAP : une réforme des modes d’accueil pour les enfants, les parents et les professionnels.

En effet, sans nier des avancées indéniables dans certains domaines :

  • médecine du travail pour les assistants(e)s maternel(le)s
  • simplification concernant l’administration des médicaments
  • mise en avant de la Charte d’accueil et du référentiel bâtimentaire national 

D’autres mesures menacent gravement la qualité d’accueil des tout jeunes enfants.

De plus, Mr TAQUET revendique l’inscription de ces mesures dans la «continuité du rapport Giampino » et en connexion avec le  rapport de la commission des 1000 premiers jours, ce qui nous semble pour le moins incroyable !

Force est de constater qu’aucune vraie politique de la prime enfance n’existe pas. Pourtant nous l’espérions….

Mesures phares du gouvernement :

Un référentiel bâtimentaire national et opposable de 7m² par enfant en zones d’accueil, mais seulement de 5,5m² dans les zones dites “ tendues “, accompagné d’ un espace extérieur ou d’une salle de motricité d’au moins 20m²

Pourtant le rapport Giampino nous rappelait que “ le petit enfant est au départ néotène, dépendant, mais ouvert et perceptif à ce qui l’entoure “, qu’il convient d’” encourager sa vitalité découvreuse et son mouvement d’apprenant ludique “ et de “ lui offrir la possibilité d’exercer sa plurisensorialité et son déploiement musculaire “ , que “ chaque enfant, notamment à partir d’un an, devrait pouvoir chaque jour accéder à des jeux d’eau, de pétrissages, extérieurs, courir, sauter, grimper, se rouler “ … Difficile dans 5.5 m² !

Le SNPPE veut que soit garanti une surface intérieure de 7 m² minimum par enfant dans les modes d’accueil partout en France et un accès quotidien à un espace extérieur.

A titre dérogatoire, avant 8h et après 18h, les EAJE sont autorisés à ce qu’un seul professionnel puisse accueillir jusqu’à 3 enfants.

Le rapport Giampino spécifie “qu’en raison de la multi-dimensionnalité des liens entre tous les acteurs, les modes d’accueil ne peuvent être conçus uniquement sous l’angle d’un service rendu aux familles, qu’il est essentiel de ne pas opposer l’intérêt des familles et celui des enfants. “ 

Le SNPPE demande la suppression de cette possible dérogation.

– Les Éducateurs de Jeunes Enfants (EJE) pourront diriger tout type d’EAJE : plus d’obligation d’expérience professionnelle de terrain préalable, aucune restriction liée à la taille de l’établissement.

Le rapport pointait aussi le fait que “les encadrants doivent être mieux formés à un mode de direction participatif, à l’animation d’équipe, aux partenariats locaux, tout autant qu’à la gestion administrative et financière d’une structure d’accueil” et “qu’une connaissance approfondie du développement des jeunes enfants et des problématiques de terrain de l’accueil sont nécessaires à cette fonction.” Comment expliquer la position du gouvernement sur ces nouvelles modalités d’accession au poste de directeur d’EAJE, que ce soit pour les EJE, les IPE ou pour tout autre professionnel ?

Le SNPPE exige que la direction des structures EAJE soit assurée par des diplômés dans le champ de la petite enfance, à minima de niveau BAC + 3, avec minimum 3 ans d’expérience et ayant une formation en « direction de structure ».

– Pour les assistants(e)s maternel(le)s l’accueil de 6 enfants maximum (4 au maximum de moins de 3 ans). 

Mais au regard de ce qu’induit possiblement l’accueil d’un tout jeune enfant, “des phénomènes de résonances internes, chez les adultes qui se tiennent auprès de lui, générant des émotions et des pensées parfois très intenses, positives ou négatives “. 

Comment imaginer qu’un professionnel, seul à son domicile, puisse contenir psychiquement autant de jeunes et très jeunes enfants ?

Adrien Taquet confirme mais va plus loin en ouvrant un droit d’option à la main des gestionnaires qui le souhaitent en proposant : un pro pour 6 quel que soit l’âge des enfants.

Pour ce qui concerne les EAJE, on applique en France un ratio enfants/professionnel de 5 enfants non marcheurs/adulte et de 8 enfants marcheurs/adulte. Ce taux est plus faible que la moyenne des pays de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques qui est de 5 enfants/adulte (OCDE, 2019).

L’étude menée par National Institute of Child Health and Human Development montre aussi que lorsque l’environnement est stimulant et bien organisé, que les groupes d’enfants et le ratio d’enfants par professionnel sont de petites tailles, les enfants ont des meilleures compétences attentionnelles, langagières et de mémoire, et des relations plus positives avec leurs pairs et avec les adultes.

Le SNPPE demande que le taux d’encadrement évolue à un·e professionnel·le pour 5 enfants quel que soit l’âge.

– La possibilité d’administrer des médicaments sans ordonnance avec une simple autorisation des parents. 

Mais pourquoi “ouvrir” aux médicaments sans ordonnance ?  Comment s’assurer de la bonne indication des traitements et identifier ceux relevant d’une ordonnance obligatoire de ceux étant accessibles librement ?

– La qualification des professionnels et le ratio 60/40 – 60% de personnels qualifiés, 40% de personnels diplômés ? Le Secrétaire d’État n’y touche pas. 

Le SNPPE rappelle qu’il souhaite un ratio de 100% de personnels qualifiés auprès des enfants.

Il faut cesser avec cette catégorisation qui crée des “sous-professionnel·le·s”. Le rapport Giampino préconisait de constituer une base commune pour la formation des professionnels de l’accueil de la petite enfance. M. Taquet l’a-t-il déjà oublié? Il est temps d’être ambitieux et de proposer des formations pertinentes avec des contenus actualisés en prenant compte des connaissances scientifiques sur les besoins de l’enfant afin de supprimer cette catégorisation.

Quid de la recherche dans les propositions du gouvernement ? 

La commission des 1000 jours a pourtant souligné l’importance de soutenir la recherche-action (ou « recherche interventionnelle »), “qui reste trop rare en France” et qui serait en partie menée par les professionnel(e)s de la petite enfance. La rapport Giampino lui aussi expliquait qu’il faut “lancer et soutenir financièrement des appels d’offres petite enfance de recherches de niveaux Master 2 et Doctorat et créer des bourses de Master et Doctorat fléchées sur des problématiques petite enfance soutenues par les ministères intéressés.” L’intérêt étant bien évidemment d’accompagner les pro, de faire évoluer les pratiques et d’améliorer la qualité d’accueil des enfants et de leurs familles.

– Capacité d’accueil des micro-crèches portée de 10 à 12 enfants. Avec toujours la possibilité à titre dérogatoire d’un accueil en surnombre (115%) . 

La Cour des comptes a pointé dans son rapport de 2013 le problème d’accessibilité financière posé par les micro-crèches “ PAJE ”. Une étude conduite par la Caisse nationale des allocations familiales, en 2012, montre que dans le cas des micro-crèches financées par la prestation d’accueil du jeune enfant complément du mode garde “ structure “, le reste à charge pour les familles est notablement plus élevé. Par ce mode de fonctionnement, le gouvernement va accentuer ces inégalités en augmentant les capacités d’accueil des micro-crèches, alors même qu’elles n’ont pas la même réglementation que les autres EAJE.

Le SNPPE regrette que les conclusions du Conseil de l’union européenne adoptées en 2011, considérant que “ la mise en place de structures de qualité pour l’éducation et l’accueil de la petite enfance présente toute une série d’avantages à court et long termes, tant pour les individus que pour la société au sens large “ ne soient pas prises en compte.

Le SNPPE regrette que M. Taquet n’ait pas repris l’idée d’une “ Journée nationale des professionnel-le-s de l’accueil de la petite enfance sous l’égide du ministère en charge des familles et de l’enfance, pour faire vivre une identité professionnelle nationale, souligner l’utilité publique de l’accueil de la petite enfance et en valoriser les acteurs “.

LE SNPPE regrette que M. Taquet ne suive pas les préconisations du rapport Giampino en sortant “ la facturation à l’heure du système de financement PSU des EAJE “ ceci afin de “  lutter contre les effets paradoxaux de la rationalisation gestionnaire dans les accueils collectifs “.

Le SNPPE regrette que M. Taquet n’a pas entendu les appels du rapport Giampino et du rapport de la commission des 1000 premiers jours alertant sur le fait que les métiers de la petite enfance ne sont “reconnus ni par les qualifications professionnelles, ni par le salaire. Force est de constater, en effet, que la valorisation du statut social et économique des professionnels reste insuffisante. Plus on s’occupe d’enfants jeunes, plus les enjeux sont fondamentaux, plus la complexité du travail est importante, et moins on est payé.”

Le SNPPE regrette que M. Taquet n’ait pas mesuré la portée de ses actes alors que, dans les mêmes rapports, une autre alerte était lancée sur l’impact des conditions de travail actuelles sur les professionnel(le)s de la petite enfance par le biais de témoignages éloquents portant sur “ une blessure narcissique de dévalorisation de soi, de démotivation, de somatisation, d’états dépressifs : “On est épuisés, pas reconnus, avec tout le mal qu’on se donne”. Etats d’insatisfaction parfois masqués cherchant réparation auprès des enfants, dans leur contact, leur affection. Blessure narcissique de ces professionnels, née du contraste que, s’ils représentent tout pour les petits, ils ne représentent rien pour la société. Lorsque l’enfant et les parents deviennent une compensation affective, le risque est que l’enfant se fasse lui-même “ gratifiant ” pour entretenir la spirale. “

Stupéfaction, regrets mais pas de résignation!!!

M.  Taquet n’a clairement pas lu le rapport Giampino car si c’était le cas, il ne ferait pas de telles propositions. Il ne suit pas non plus les préconisations de la Commission des 1000 jours. NON ! Non, à ces mesures indignes des jeunes enfants qui vont à l’encontre de toutes les recommandations de ce que nous savons des spécificités de leur développement.

Grande reconnaissance pour la petite enfance

Grande reconnaissance pour la petite enfance

Le Syndicat National des Professionnel·le·s de la Petite Enfance, les organisations professionnelles et familiales UFAL, FNEJE et UFNAFAAM, avec le soutien du SNMPMI demandent qu’il soit expressément mis en place une prime permettant à l’ensemble des professionnel·le·s d’être reconnu pour leur engagement constant depuis le début de la crise sanitaire.

En effet, depuis le 17 mars 2020, l’ensemble des professionnel·le·s mobilisé afin de répondre aux besoins des familles est resté dans l’ombre.

Alors que celles et ceux des secteurs de la Santé, du médico-social et des EHPAD ont perçu, à juste titre, une prime exceptionnelle pouvant aller jusqu’à 1500€[1], le secteur de l’accueil de la Petite Enfance et celui de la Protection de l’Enfance sont les grands oubliés de ces dispositifs !

Pourtant, historiquement, ces secteurs souffrent de salaires très bas et de conditions de travail toujours plus difficiles au fil des réformes !

Malgré celà, que ce soit du côté de l’accueil individuel comme de l’accueil collectif des jeunes enfants, ces professionnel·le·s essentiel·le·s ont su montrer leur engagement, leur adaptabilité et leur constance.

Aujourd’hui, ils et elles restent plus que jamais investi·e·s et présent·e·s sur le terrain pour permettre non seulement l’accueil des tout-petits des personnels de santé mais aussi de tous les parents !

Aussi, nous demandons au gouvernement d’attribuer une prime exceptionnelle à la hauteur de leur engagement à tout·e·s les professionnel·le·s de la Petite Enfance du Public comme du Privé.


[1] Décret n° 2020-711 du 12 juin 2020 relatif au versement d’une prime exceptionnelle aux personnels des établissements et services publics sociaux et médico-sociaux de la fonction publique hospitalière, de la fonction publique territoriale et de la fonction publique de l’Etat dans le cadre de l’épidémie de covid-19