Fortes chaleurs et accueil de la petite enfance

14 Juin 2022 | News

🆕 Mise à jour du 12 juillet 2026 : la DGCS publie enfin un cadre dédié à la petite enfance

Le 9 juillet 2026, la DGCS a publié une fiche « Préparation et gestion des épisodes de canicule au sein des EAJE, par les assistants maternels et les parents employeurs ». Ce n’est pas un geste spontané : une première fiche diffusée fin juin, muette sur l’accueil individuel, avait suscité un tollé. Cette version corrigée, trois semaines et une vague de canicule plus tard, intègre enfin assistant·es maternel·les et parents employeurs, à domicile comme en MAM — la preuve que la mobilisation du secteur paie.

Sur le fond, la fiche détaille des mesures déjà largement connues : préparation en amont (repérage des signes de coup de chaleur, vérification des équipements, protocole RSAI en EAJE conformément aux articles R.2324-30 et R.2324-39 du CSP, aides CAF pour adapter les locaux), puis pendant l’épisode, hydratation et surveillance renforcées, et des critères d’aide à la décision (structurels et conjoncturels) pour adapter, réduire ou suspendre l’accueil en vigilance rouge — pour les EAJE comme, désormais, pour les assistant·es maternel·les.

⚠️ Ce qui coince encore :

  • Aucun seuil de température opposable : le rappel du repère ADEME (5 à 7 °C d’écart intérieur/extérieur) reste une simple recommandation, pas une obligation ; la décision de suspendre repose sur une appréciation locale au cas par cas, ce qui fragilise les conditions d’accueil et les conditions de travail en ramenant cette problématique au dialogue social entre professionnel·les et employeurs.
  • Un renvoi à vide pour les MAM : le document pointe vers le guide « Créer une MAM » (février 2026), qui ne traite pourtant pas de canicule.
  • Le flou sur la rémunération des assistant·es maternel·les en cas de suspension d’accueil persiste : simple renvoi à l’article 105 de la convention collective, sans clarification des conséquences concrètes.

✊ Le SNPPE continue de porter ses revendications : DUERP systématique, financement prioritaire des locaux les plus exposés, clarification des droits à rémunération, et un seuil de protection opposable pour les enfants.

🌡️ Canicule ou fortes chaleurs : quelle différence ?

On parle de canicule lorsque les températures restent anormalement élevées de jour comme de nuit pendant au moins 3 jours.
Si, pendant une semaine, les températures en journée sont très élevées mais qu’elles redescendent la nuit, on parle alors de vague de chaleur ou de fortes chaleurs.

Pour exemple :

  • à Paris, l’alerte canicule est déclenchée si les températures atteignent 31°C le jour et 21°C la nuit,
  • dans les Deux-Sèvres, 35°C le jour et 20°C la nuit,
  • à Marseille, 35°C le jour et 24°C la nuit.

À ce jour, aucune température maximale précise au-delà de laquelle il serait interdit de travailler n’est inscrite dans le Code du travail, même après la parution du décret d’avril 2024.

⚖️ Ce que dit désormais la loi (mise à jour 2025)

Le décret n°2025-482 du 27 mai 2025, entré en vigueur le 1er juillet 2025, impose de nouvelles obligations à tous les employeurs, y compris dans les structures de la petite enfance, qu’elles soient publiques ou privées.

✅ Évaluation du risque « chaleur »

  • L’évaluation du risque d’exposition à la chaleur devient obligatoire, y compris pour les travailleur·ses en intérieur.
  • Ce risque doit être intégré et actualisé dans le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP).

✅ Mesures de prévention à mettre en œuvre

Si un épisode de chaleur intense est prévu (vigilance jaune, orange ou rouge de Météo France), l’employeur doit mettre en place des mesures adaptées, parmi lesquelles :

  • Aménagement des horaires de travail pour éviter les heures les plus chaudes
  • Suspension des tâches pénibles aux heures critiques
  • Installation de zones de repos fraîches ou ventilées
  • Réduction de l’exposition au soleil (stores, occultants, etc.)
  • Fréquence accrue des pauses
  • Mise à disposition d’équipements de protection individuelle adaptés
  • Mise à disposition d’eau potable et fraîche, au moins 3 litres/jour/salarié·e si pas d’eau courante, avec un dispositif pour garder l’eau au frais à proximité des postes de travail
  • Information et formation des salarié·es sur les bons réflexes à adopter

✅ Maintien d’une température adaptée dans les locaux

  • Même en dehors d’une alerte canicule, les locaux fermés affectés au travail doivent désormais être maintenus à une température adaptée, en lien avec l’activité exercée (article R.4223-13 modifié).

✅ Adaptation des postes pour les travailleur·ses vulnérables

  • L’employeur doit adapter les conditions de travail, voire changer d’affectation une personne vulnérable (ex. : femme enceinte, salarié·e souffrant de pathologie chronique), en lien avec le service de santé au travail.

✅ Signalement et secours

L’employeur doit définir une procédure claire pour signaler tout malaise, indice physiologique préoccupant ou coup de chaleur, et organiser une réponse rapide, en particulier pour les salarié·es isolé·es.

En ce qui concerne la réglementation « Petite Enfance » :

L’arrêté du 31 août 2021 créant le référentiel national relatif aux exigences applicables aux EAJE, précise :
En période fortes chaleurs et canicules, il est recommandé par l’ADEME que la température intérieure ne soit pas inférieure de plus de 5° à 7°C par rapport à la température extérieure à l’établissement, et que le Plan ORSEC de gestion sanitaire des vagues de chaleur soit mis en place. (article II.4.1 de l’Annexe1)

Si la température intérieure est excessive, si l’employeur ne fournit pas l’eau nécessaire aux salariés, ceux-ci peuvent exercer leur droit de retrait.

Rappel : L’exercice du droit de retrait des salariés s’applique strictement aux situations de danger grave et imminent. Mais le droit de retrait doit être exercé de telle manière qu’il ne puisse créer pour autrui une nouvelle situation de danger grave et imminent (article L-4132-1 du code du travail). Cela implique que le droit de retrait ne peut pas être exercé si le risque concerne les personnes extérieures à l’entreprise, notamment les usagers (circulaire DRT n°93/15 du 26 mars 1993).

Attention : Cette recommandation n’a pas été renforcée par le décret de 2025. Aucun seuil spécifique n’est défini pour les tout-petits ou les professionnel·les de la petite enfance, pourtant particulièrement exposé·es.

📣 Et maintenant ?

🛑 Le décret de 2025 marque une avancée réglementaire, mais aucune réponse spécifique n’est apportée au secteur de la petite enfance.

👶 Malgré l’extrême sensibilité des enfants à la chaleur et les conditions parfois intenables dans les structures, rien n’est prévu pour protéger le public accueilli.

✊ C’est donc aux équipes de se mobiliser, avec le soutien du SNPPE :

  • Pour faire inscrire les risques et les mesures dans le DUERP
  • Pour exiger des conditions de travail adaptées

🧰 BOÎTE À OUTILS CANICULE
Photos, courriers, saisines : tout est prêt.
Téléchargez, complétez, envoyez.

➜ Accéder au kit d’action (3 minutes)

Ressources disponibles

Mise à jour le : 12 juillet 2026 (encart vers la note de la DGCS)

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