Plusieurs femmes du Syndicat national des professionnels de la petite enfance (SNPPE), créé il y a moins de deux ans, s’intègrent dans le cortège. Sur toutes les bouches, le mot «Stop» ou la phrase «ce n’est plus possible». L’une d’entre elles nous harangue en faisant la grimace : «Ecrivez-bien que la coupe est pleine.» Cathy Ligère, membre du bureau du SNPPE, abonde : «Cela fait un certain temps que les conditions de travail dans les établissements d’accueil des jeunes enfants se dégradent.» Cinq ans, «voire dix ans», aux dires de sa camarade, Blandine Leroy, directrice d’un centre multi-accueil parisien, dans le secteur depuis plus de vingt ans.
Cyrille GODFROY, co-secrétaire général, a signé cette tribune pour le SNPPE. Retrouvez ci-dessous le lien pour la lire dans son intégralité. A votre tour de la signer en cliquant ici.
Nous, professionnels de la justice des enfants, de l’éducation spécialisée, de la protection de l’enfance, de la prévention et de la médiation, appelons les candidats et candidates à l’élection présidentielle à se préoccuper des questions des moyens et des missions de la protection de l’enfance, ainsi que de la justice pénale des mineur·e·s.
Le syndicat national des professionnel(le)s de la petite enfance revendique donc la fameuse prime Ségur qui a été d’abord octroyée aux soignants (ndlr. 183 euros net mensuels), puis arrachée par le secteur médico-social. « Elle est pour le moment refusée au secteur de la petite enfance, explique l’éducateur. Nous ne sommes considérés ni dans le champ sanitaire, ni dans le champ social. De plus, il nous a été rétorqué qu’il y avait déjà eu une revalorisation de… 3% de la prestation de service unique (PSU) ! » Les professionnels évoquent aussi les coupes budgétaires pour les interventions pédagogiques (musique, arts plastiques…).
Du noir pour le deuil, un diamant tenu dans une main pour la fragilité et la protection. Ce jeudi 31 mars, le syndicat national des professionnels de la petite enfance (SNPPE) appelle les assistantes maternelles, les auxiliaires puéricultrices, les directrices de crèche et l’ensemble du secteur à se mobiliser, t-shirt noir sur le dos, un logo de diamant sur le coeur et ce hashtag au milieu: #àmavraievaleur.
Lucie Robert, co-secrétaire générale du Syndicat des professionnels de la petite enfance (SNPPE), est encore remontée. “L’école est gratuite à partir de 3 ans, en dessous le parent doit se débrouiller alors que c’est la période la plus compliquée. La société a conscience de l’importance que l’on a mais tout le monde ferme un peu les yeux parce que ça demande tellement d’argent, et donc d’impôts”.Le SNPPE a des difficultés à mobiliser : “les personnes qui ont choisi d’aider les autres, ont du mal à s’aider elles-mêmes : notre bien-être à nous passe à côté, et au bout d’un moment il y a des craquages”, souligne Lucie Robert. Avec un salaire moyen dépassant tout juste le SMIC (1745 euros bruts mensuels selon l’INSEE), une journée de grève est inenvisageable, même en période de crise. “Il y a le travail et après, il y a les enfants, les courses, le bain… alors pour beaucoup une journée off en semaine, ce sera plus pour rattraper des machines, ou se reposer, que pour descendre dans la rue crier dans le vide”.