La Direction Générale de la Cohésion Sociale (DGCS) a publié, le 19 février 2026, une version actualisée de sa foire aux questions relative à la réglementation applicable aux modes d’accueil du jeune enfant.

Ce document, qui intègre les évolutions issues de la loi pour le plein emploi de décembre 2023, ne constitue pas une simple mise à jour technique. Il confirme une dynamique engagée depuis la réforme dite « Norma » : celle d’un encadrement juridique plus précis, d’une réduction progressive des dérogations et d’une volonté d’harmonisation nationale.

Une réglementation devenue hautement technique

La FAQ couvre un champ large :

  • qualifications et catégories professionnelles,
  • taux d’encadrement,
  • direction d’établissement,
  • accueil en surnombre,
  • procédures d’autorisation et de transformation,
  • inclusion sociale,
  • micro-crèches et échéances réglementaires.

Lorsque l’administration centrale publie un document aussi détaillé, cela signifie que les textes réglementaires ont soulevé, sur le terrain, des divergences d’interprétation et des pratiques hétérogènes. La FAQ joue ainsi un rôle de doctrine administrative : elle précise comment les règles doivent être appliquées et sécurise juridiquement les services de contrôle comme les gestionnaires.

Micro-crèches : une échéance 2026 confirmée

La FAQ rappelle qu’en micro-crèche, jusqu’au 31 août 2026, un professionnel justifiant :

  • d’une certification de niveau 3 inscrite au RNCP et de deux années d’expérience professionnelle,
    ou
  • de trois années d’expérience comme assistant maternel agréé,

peut accueillir seul jusqu’à trois enfants.

À compter du 1er septembre 2026, seul un professionnel de catégorie 1 pourra assurer cet accueil seul. Cette précision confirme la fin programmée d’un régime dérogatoire structurant pour une partie du modèle micro-crèche.

La position constante du SNPPE

Dès décembre 2024, le SNPPE appelait à une concertation sérieuse et dénonçait les postures alarmistes qui ont entouré le projet de décret relatif aux micro-crèches.

Notre position est claire et constante :

1️⃣ La qualité et la sécurité ne sont pas négociables

Le maintien — même transitoire — de la possibilité pour un·e seul·e professionnel·le d’encadrer trois enfants simultanément soulève des enjeux majeurs de sécurité et de conditions de travail. Après les drames qui ont marqué le secteur, il est indispensable de garantir des organisations sécurisées, soutenables et conformes aux exigences professionnelles. La protection des enfants et la prévention des risques professionnels doivent primer sur toute logique économique.

2️⃣ La professionnalisation est indispensable

La montée en exigence des qualifications ne doit pas être présentée comme une contrainte punitive. Elle participe d’un mouvement de reconnaissance et de structuration des métiers. Le SNPPE dénonce les tentatives de contournement des exigences de qualification, notamment par la création précipitée de certifications qui ne répondent pas pleinement aux enjeux de qualité.

3️⃣ Les évolutions réglementaires doivent s’accompagner d’un travail sur les financements

Renforcer les exigences sans ajuster les modèles économiques fragilise les équipes et alimente les tensions.

Le SNPPE appelle à une concertation réelle sur :

  • l’évolution des financements,
  • la soutenabilité des structures,
  • la revalorisation salariale,
  • l’amélioration des conditions de travail.

Les micro-crèches, qui constituent dans certains territoires un maillon important de l’offre d’accueil, ne pourront se pérenniser qu’en s’inscrivant dans un cadre stable et sécurisé.

Direction d’établissement : clarification bienvenue

La FAQ rappelle également que la fonction de direction ne peut être partagée. Un directeur ou une directrice doit être identifié·e en titre, même si un adjoint peut assurer la continuité. Il confirme que la direction d’un EAJE engage une responsabilité administrative, civile et pénale personnelle.

Certificats médicaux : un rappel utile

La FAQ précise qu’un certificat médical ne peut être exigé en dehors des cas prévus par les textes, notamment pour attester l’absence d’allergie ou pour autoriser la réintégration d’un enfant après une absence. Ce rappel contribue à sécuriser les pratiques et à limiter les demandes abusives.

Pour les professionnel·le·s

Le SNPPE invite les équipes et directions à :

  • s’approprier cette FAQ,
  • vérifier la conformité de leur organisation,
  • ne pas accepter d’injonctions contraires aux textes,
  • solliciter un accompagnement en cas de doute.

Mais, la professionnalisation du secteur ne peut reposer uniquement sur des exigences réglementaires. Elle suppose un engagement collectif en faveur de la qualité, de la sécurité et de la reconnaissance des métiers.

Le SNPPE continuera d’y veiller.