Le 28 juillet dernier, le SNPPE saisissait le Premier ministre pour demander un contrôle national du groupe People&Baby. Plus de deux mois plus tard, Matignon nous a répondu par un simple courrier de transmission. Ce courrier ne contient ni engagement, ni calendrier, ni mesure conservatoire. Nos avocats, Maîtres William Bourdon et Vincent Brengarth, réagissent dans un communiqué que nous publions ci-dessous, avec la réponse de Matignon.
Rappel : ce que nous avons demandé
Après la fermeture de deux crèches People&Baby à Villejuif sur fond de soupçons de maltraitances, le SNPPE a saisi le Premier ministre le 28 juillet 2026. Ces fermetures interviennent dans un contexte déjà lourd : le décès d'un nourrisson dans une crèche du groupe à Lyon en 2022, puis une plainte pénale consécutive aux révélations de l'ouvrage Les Ogres.
Nous demandions :
- une mission nationale conjointe de l'IGAS et de l'IGF portant sur l'ensemble du groupe ;
- un moratoire sur toute nouvelle autorisation, reprise d'établissement, délégation de service public ou réservation de berceaux au bénéfice du groupe ;
- le réexamen coordonné des autorisations existantes ;
- la suspension ou la fermeture des structures où la sécurité des enfants ne peut être garantie ;
- le transfert progressif des établissements vers d'autres gestionnaires, avec maintien des contrats de travail des professionnel·le·s.
La réponse de Matignon : une simple transmission
Par un courrier daté du 30 septembre 2026, le chef de cabinet du Premier ministre nous remercie. Il indique que notre demande a été transmise à Mme Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, « afin qu'elle en prescrive l'examen ».
Ce courrier ne prend aucun engagement, ne fixe aucun calendrier et n'annonce aucune mesure pour protéger les enfants accueillis dans les crèches du groupe. Face à des faits d'une telle gravité, le SNPPE attendait une réaction immédiate de l'État.
L'IGAS confirme pourtant l'utilité d'un contrôle national
Cette attente est d'autant moins compréhensible que l'IGAS vient de démontrer ce que permet un contrôle national d'un groupe de crèches privées. Dans une note du 3 septembre 2026, adressée à la ministre elle-même, la commission des suites de l'IGAS fait le point sur le groupe La Maison Bleue. Elle relève :
- 40 M€ d'anomalies financières estimées à fin 2023 ;
- l'impossibilité de valider les frais de siège déclarés aux CAF, et un risque que des fonds publics financent indirectement des acquisitions à l'étranger, au détriment des crèches situées en France ;
- l'absence de preuve que les excédents dus aux collectivités leur soient effectivement reversés ;
- plus d'une cinquantaine de manquements au taux d'encadrement en 2025 et début 2026, ainsi que des cas d'accueil en surnombre.
Quatorze mois après le rapport provisoire, les principaux écarts financiers ne sont toujours pas résorbés.
Ce que demande le SNPPE
Pour le SNPPE, ces défaillances ne sont pas des incidents isolés. Elles traduisent un lien structurel entre recherche de rentabilité, opacité financière et dégradation de la qualité d'accueil. Les premières victimes en sont les enfants et les professionnel·le·s qui les accompagnent au quotidien.
Nous demandons à Mme la ministre de se prononcer sans délai sur chacune de nos demandes, et réitérons notre demande de mission conjointe IGAS/IGF sur le groupe People&Baby, avec les mesures conservatoires qui l'accompagnent.
Le SNPPE continuera d'informer les professionnel·le·s et les familles des suites de cette démarche.
Vous êtes professionnel·le dans une crèche People&Baby ou dans une autre structure et vous souhaitez témoigner ou être accompagné·e ? Contactez le SNPPE. Votre démarche restera confidentielle.

