Le SNPPE refuse de cautionner le projet d’accord NAO 2026 proposé chez Les Petits Chaperons Rouges et soutient la mobilisation intersyndicale du 9 juillet dans les crèches privées et les services à la personne.
Les négociations annuelles obligatoires 2026 chez Les Petits Chaperons Rouges — LPCR Groupe, Crèche Attitude, Crèches de France — illustrent une nouvelle fois l’impasse salariale dans laquelle se trouvent les professionnel·les des crèches privées.
Alors que les salaires restent structurellement trop bas, que les grilles sont rattrapées par le SMIC, que les conditions de travail se dégradent et que les équipes tiennent les structures à bout de bras, la direction de LPCR ne propose aucune augmentation générale des salaires.
À la place, le projet d’accord repose sur des augmentations individuelles, plafonnées à 4 %, réservées à une partie seulement des salarié·es, avec des conditions restrictives : ancienneté minimale, évaluation professionnelle, validation hiérarchique… et exclusion des salarié·es au SMIC.
Pour le SNPPE, ce choix est inacceptable.
Une politique salariale injuste et individualisée
Dans un secteur marqué par les bas salaires, exclure les salarié·es au SMIC d’un dispositif de revalorisation revient à laisser de côté celles et ceux qui ont le plus besoin d’une hausse effective de rémunération.
Les augmentations individuelles ne constituent pas une réponse à la crise salariale. Elles favorisent de facto les catégories cadres, l’encadrement et les salarié·es les plus proches des circuits hiérarchiques, au détriment des professionnel·les de terrain, pourtant au cœur de l’accueil quotidien des jeunes enfants.
Ce n’est pas une politique de reconnaissance.
C’est une politique de tri salarial.
Les professionnel·les de crèche n’ont pas besoin d’être mises en concurrence pour obtenir quelques augmentations au compte-gouttes. Elles ont besoin d’une augmentation générale, collective, lisible, applicable à toutes et tous.
Des mesures périphériques qui ne répondent pas à l’urgence
Le projet d’accord met en avant plusieurs mesures annexes : mutuelle, budget convivialité, plateforme parentalité, audit des conditions de travail ou encore ouverture de discussions autour du CDI intermittent.
Mais ces mesures ne peuvent pas masquer l’essentiel : les salaires restent au point mort.
Un budget convivialité ne paie pas un loyer.
Une plateforme parentalité ne compense pas l’inflation.
Un audit ne remplace pas des salaires dignes, des effectifs suffisants, du temps et des conditions de travail réellement protectrices.
Chez LPCR comme ailleurs, la qualité d’accueil ne peut pas reposer indéfiniment sur l’engagement, la conscience professionnelle et l’épuisement silencieux des équipes.
Le 9 juillet, les crèches privées doivent se faire entendre
Dans ce contexte, le SNPPE apporte son soutien à l’appel intersyndical du 9 juillet dans les services à la personne et les crèches privées.
Cette mobilisation porte des revendications essentielles : revalorisation des salaires, reconstruction de grilles conventionnelles dignes, indemnités kilométriques adaptées, amélioration des conditions de travail et effectifs suffisants.
La situation chez LPCR n’est pas un cas isolé. Elle est le symptôme d’un modèle plus large, dans lequel les professionnel·les de terrain restent trop souvent considérées comme une variable d’ajustement.
Le SNPPE appelle donc les professionnel·les des crèches privées à rejoindre la mobilisation partout où elles et ils le peuvent.
Le SNPPE exige une véritable reconnaissance des métiers
Le SNPPE revendique :
- une augmentation générale des salaires ;
- des grilles conventionnelles qui reconnaissent réellement les qualifications, l’ancienneté et l’expérience ;
- la revalorisation des indemnités kilométriques ;
- des jours enfant malade rémunérés ;
- des effectifs suffisants et stables ;
- des conditions de travail compatibles avec un accueil de qualité.
Sans professionnel·les reconnu·es, protégé·es et correctement rémunéré·es, il ne peut pas y avoir de qualité d’accueil.
Le 9 juillet, mobilisons-nous.
Nos métiers valent mieux que des augmentations au compte-gouttes.
La petite enfance doit cesser d’être une variable d’ajustement.
Communiqué du SNPPE
Le SNPPE publie également un communiqué de presse dénonçant les NAO 2026 chez LPCR et appelant à rejoindre la mobilisation intersyndicale du 9 juillet.







