Une vigilance rouge historique, et un angle mort
À partir du dimanche 21 juin 2026, 35 départements basculent en vigilance rouge canicule, pour un épisode que Météo-France juge comparable à août 2003. Pour les structures accueillant des enfants, la réponse publique se limite, à ce stade, à la possibilité pour les préfets d’« annuler les sorties ». C’est insuffisant : le danger principal n’est pas la sortie, c’est la chaleur accumulée à l’intérieur de locaux souvent mal protégés, où passent leurs journées des enfants de quelques mois à trois ans.
Une inégalité de traitement persistante
Le guide ORSEC départemental S6 dote les écoles primaires et les accueils collectifs de mineurs de fiches d’aide à la décision spécifiques en vigilance rouge ; pour ces derniers, le préfet peut interrompre l’accueil (article L.227-11 du code de l’action sociale et des familles). Les crèches, qui relèvent du code de la santé publique, n’ont pas d’équivalent. Il existe certes des pouvoirs de contrôle et d’injonction (articles L.2324-2 et L.2324-3 du CSP), mais ils sont conçus pour des manquements structurels constatés lors d’un contrôle, avec un délai de mise en conformité — un tempo inadapté à l’urgence d’un pic de chaleur. Résultat : les enfants les plus vulnérables bénéficient du filet de sécurité le plus faible.
Où en est notre démarche
Le SNPPE avait alerté dès juin 2025. Cette semaine, nous avons saisi la DGCS, le cabinet ministériel et les préfets des départements concernés. La DGCS nous a répondu rapidement et reconnaît qu’on pourrait reprendre, pour les crèches, les critères d’évaluation applicables aux accueils de loisirs. C’est une première avancée que nous saluons. Mais nous avons aussitôt rappelé que des critères sans dispositif d’intervention rapide resteraient sans portée en cas de carence : c’est ce point que nous continuons de porter.
Vos droits, dans l’attente
Pour votre santé. Depuis le décret du 27 mai 2025, l’employeur doit, en vigilance rouge, réévaluer quotidiennement les risques liés à la chaleur et agir (articles R.4463-1 et suivants du code du travail), garantir l’eau fraîche et le renouvellement de l’air. S’il ne fait rien et que votre santé est exposée à un danger grave et imminent, le droit de retrait existe (article L.4131-1). Il s’apprécie individuellement, de bonne foi, au cas par cas, et s’accompagne toujours d’un signalement écrit. Vos délégué·es SNPPE vous accompagnent.
Pour les enfants. La protection des enfants relève de la responsabilité de la direction et du gestionnaire. Si les conditions d’accueil ne sont plus sûres, signalez-le par écrit et alertez la PMI, l’ARS et l’inspection du travail.
Ne restons pas seul·es
Faites remonter chaque situation à vos représentant·es SNPPE : chaque signalement documenté nourrit notre démarche et rend l’inaction intenable.
Nos autres articles :







