par admin | Déc 15, 2025 | communiqué
La publication du décret du 10 décembre 2025 et de l’arrêté du 12 décembre 2025 créant le titre professionnel d’« intervenant éducatif petite enfance » (IEPE) marque un tournant préoccupant pour l’accueil du jeune enfant en France.
Présentée comme une réponse pragmatique à la pénurie de professionnel·le·s, cette réforme s’inscrit en réalité dans une logique de dérégulation profonde du secteur, au détriment des métiers, des équipes et de la qualité de l’accueil.
Depuis plusieurs années, les constats sont pourtant largement partagés et documentés :
la crise de la petite enfance ne résulte ni d’un manque de diplômes, ni d’une insuffisance de formations, mais de conditions de travail dégradées, de rémunérations insuffisantes et d’un déficit chronique de reconnaissance professionnelle.
Plutôt que de répondre à ces causes structurelles, l’État fait aujourd’hui le choix d’une réponse de court terme, fondée sur un abaissement implicite des exigences de qualification et sur une mise en concurrence des diplômes.
Le titre IEPE illustre cette dérive :
- il fragilise les auxiliaires de puériculture, profession réglementée à socle sanitaire,
- il affaiblit le rôle éducatif structurant des éducateur·rice·s de jeunes enfants,
- il expose les équipes à une perte de lisibilité des responsabilités,
- et il crée, pour ses propres titulaires, une précarité diplômante, le titre étant limité dans le temps sans garantie de reconnaissance durable.
Face à ces enjeux majeurs, le Syndicat National des Professionnel·le·s de la Petite Enfance (SNPPE) a pris une position claire et assumée : refuser la banalisation de cette réforme, alerter sur ses conséquences et appeler à une mobilisation collective.
Retrouver le communiqué de ce jour.
Retrouvez également une FAQ du SNPPE pour répondre à toutes vos questions sur le communiqué et sur le titre professionnel de niveau IV d’Intervenant Educatif Petite Enfance
par admin | Déc 3, 2025 | News
À 48 heures de l’ouverture de la Conférence Travail & Retraites, le SNPPE rend public “Les gestes invisibles”, un document inédit qui analyse la pénibilité réelle vécue par les professionnelles de la petite enfance.
Ce livret, transmis ce jour à l’ensemble des parlementaires, organisations professionnelles et partenaires sociaux, synthétise les données les plus marquantes sur l’usure des corps tout au long d’une carrière.
➡️ Lire la page complète et télécharger le livret
Pourquoi publier ce livret maintenant ?
Parce que la Conférence Travail & Retraites ouvre le 5 décembre et que la petite enfance risque encore d’être ignorée. Il fallait documenter les réalités du terrain avant le cadrage gouvernemental.
Est-ce un avis syndical ou une étude technique ?
C’est un document hybride : analyse ergonomique, chiffrages, synthèse de données existantes, mais aussi prise de position syndicale.
Pourquoi ces chiffres ne sont-ils jamais pris en compte ?
Parce que la pénibilité des métiers féminisés reste invisibilisée, et que le système actuel ne reconnaît pas la réalité de l’exposition quotidienne.
Qui a reçu le livret ?
Tous les parlementaires, les syndicats employeurs, les organisations professionnelles, les partenaires sociaux et les médias spécialisés.
Que demande le SNPPE ?
Une reconnaissance officielle de la pénibilité, l’intégration dans le C2P, et l’ouverture d’un chantier national dédié.
par admin | Nov 12, 2025 | communiqué
Le Syndicat National des Professionnel·le·s de la Petite Enfance (SNPPE) alerte sur une situation préoccupante survenue au sein de la crèche Tamaris à Saint-Mitre-les-Remparts, gérée par le groupe LPCR.
Après un signalement resté sans suite effective et un climat professionnel devenu insupportable, les salariées ont dû se mettre en grève pour que la direction accepte enfin d’ouvrir une enquête RH.
Le SNPPE a depuis saisi l’Inspection du travail et demande la protection des salariées lanceuses d’alerte ainsi qu’un renforcement du contrôle public sur le groupe LPCR.
par admin | Nov 4, 2025 | communiqué
Lettre ouverte adressée à Matignon à l’ouverture de la Conférence nationale « Travail et Retraites »
Alors que s’ouvre ce jour la Conférence nationale “Travail et Retraites”, le Syndicat National des Professionnel·le·s de la Petite Enfance (SNPPE) adresse une lettre ouverte à Monsieur le Premier ministre, pour demander la reconnaissance pleine et entière de la pénibilité des métiers de la petite enfance dans les travaux engagés par le Gouvernement.
Ces métiers, exercés à 97 % par des femmes, cumulent une charge physique, émotionnelle et mentale considérable : port répété d’enfants, postures contraignantes, gestes répétitifs, bruit, stress, exposition à l’agressivité…
Pourtant, ils ne figurent dans aucun dispositif officiel de reconnaissance de la pénibilité, ni dans les parcours de retraite anticipée.
🔍 Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes
Les données 2023 de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM – NAF 8891A) révèlent une sinistralité record dans le secteur :
- 3 089 accidents du travail (+9 % en un an)
- 930 accidents de trajet (+16 %)
- 166 maladies professionnelles reconnues (+44 %)
- Près de 295 000 journées perdues pour cause d’accidents ou de maladies professionnelles
Et encore, ces chiffres ne couvrent que le secteur privé relevant du régime général.
Les crèches publiques territoriales, hospitalières ou médico-sociales, relevant d’autres régimes, ne sont pas comptabilisées, ce qui rend le constat encore plus alarmant.
⚖️ Une pénibilité féminine toujours invisibilisée
La lettre ouverte du SNPPE rappelle que les métiers du care et de la petite enfance, largement féminisés, sont doublement pénalisés :
- usure prématurée des corps,
- carrières hachées par les temps partiels imposés,
- retraites plus faibles,
- absence de reconnaissance dans les dispositifs de pénibilité.
“Les professionnel·le·s de la petite enfance accueillent nos enfants et soutiennent les familles.
Elles ne peuvent plus rester les oubliées d’un débat sur la pénibilité et les retraites.”
— Le Bureau national du SNPPE
🧩 Les demandes du SNPPE au Gouvernement
Le syndicat demande que la Conférence Travail et Retraites :
- Intègre la pénibilité des métiers de la petite enfance dans ses travaux sur la base des indicateurs de sinistralité établis par la CNAM et les inspections du travail ;
- Ouvre une réflexion interprofessionnelle sur la reconnaissance des métiers féminisés à forte charge physique et émotionnelle ;
- Associe le SNPPE aux travaux de la Conférence, aux côtés des grandes centrales syndicales, afin de faire entendre la voix des professionnel·le·s de terrain ;
- Reconnaisse la spécificité des parcours féminins, marqués par la précarité, le temps partiel imposé et la baisse des droits à retraite.
🗣️ Une interpellation directe du Premier ministre
Cette lettre a été adressée ce matin à Matignon, et rendue publique simultanément.
Le SNPPE appelle le Gouvernement à traduire en actes ses engagements sur la pénibilité, en intégrant la petite enfance dans les discussions nationales.
“La pénibilité ne peut pas être un débat d’hommes sur des métiers masculins.
Elle doit aussi reconnaître l’usure prématurée des femmes qui, chaque jour, soutiennent nos enfants, nos familles et nos services publics.”