Les Petits Chaperons Rouges : une élue CSE convoquée à un entretien préalable pouvant aller jusqu’au licenciement

5 Mar 2026 | communiqué

Quelques semaines après une mobilisation sociale dans plusieurs crèches du groupe, la direction de LPCR a choisi la répression. Une élue du CSE, militante SNPPE, est convoquée le 9 mars à un entretien préalable à sanction pouvant aller jusqu’au licenciement. Le SNPPE dénonce une entrave syndicale déguisée et annonce qu’il utilisera toutes les voies de recours.

Une convocation, zéro explication

Le 26 février 2026, une élue du Comité social et économique de l’UES Les Petits Chaperons Rouges a reçu par lettre recommandée une convocation à un entretien préalable à sanction disciplinaire pouvant aller jusqu’au licenciement. L’entretien est fixé au 9 mars 2026, dans les locaux de la direction régionale Grand Sud, à Aix-en-Provence.

Le motif invoqué par la direction tient en deux mots : « vos agissements ». Pas un fait précis, pas une date, pas une situation identifiable. Juste la menace la plus lourde du droit disciplinaire.

Le contexte : une mobilisation sociale que la direction n’a pas digérée

Cette convocation ne tombe pas du ciel. Elle intervient quelques semaines après une mobilisation sociale conduite dans plusieurs structures du groupe LPCR, au cours de laquelle les équipes avaient alerté sur la dégradation de leurs conditions de travail et sur des situations préoccupantes pour la qualité d’accueil des enfants.

Depuis ce mouvement, le climat s’est considérablement durci pour les représentants du personnel : contrôles inédits sur leur travail, procédures disciplinaires en série, convocations à répétition. Le message est limpide : celles et ceux qui ont osé parler doivent en payer le prix.

La convocation de notre déléguée n’est pas un incident isolé. C’est l’aboutissement d’un acharnement méthodique contre une salariée protégée dont le seul tort est de faire ce pour quoi elle a été élue.

Ce que le SNPPE dénonce : une entrave syndicale déguisée

Soyons clairs sur ce qui se joue ici.

On ne reproche pas à cette élue son engagement syndical — ce serait trop grossier. On s’attaque à ses « agissements », à sa « manière de travailler » subitement problématique depuis qu’elle agit pour la qualité au travail et l’accueil des familles.

Quand un employeur déclenche la procédure disciplinaire la plus lourde contre une salariée protégée, quelques semaines après un mouvement social, sur des motifs qu’il refuse de préciser, cela porte un nom : la répression syndicale.

Faut-il rappeler que les élues du CSE ne sont pas au service de l’employeur ? Elles sont élues par les salariés pour défendre leurs droits, remonter les difficultés et alerter quand la situation l’exige. C’est exactement ce qu’a fait notre déléguée.

Le Code du travail interdit formellement de sanctionner un salarié en raison de ses activités syndicales — toute mesure de ce type est nulle de plein droit. L’entrave au fonctionnement du CSE et l’atteinte à l’exercice du droit syndical sont des délits pénaux. Et la jurisprudence est constante : quand une procédure disciplinaire vise un représentant du personnel en contexte de conflit social, c’est à l’employeur de démontrer que sa décision est totalement étrangère au mandat.

La chronologie parle d’elle-même : mobilisation, puis contrôles renforcés, puis convocation avec menace de licenciement. Le SNPPE y voit un faisceau d’indices sérieux de discrimination syndicale.

Petite enfance : faire taire les professionnelles, c’est mettre les enfants en danger

Cette affaire dépasse le cadre du droit du travail. Nous parlons de structures qui accueillent chaque jour des enfants de quelques mois à trois ans.

Lorsque des professionnelles alertent sur des conditions de travail dégradées dans ces établissements, ce n’est pas un caprice syndical — c’est un acte de protection de l’enfance. Le sous-effectif, l’épuisement des équipes, le turnover permanent affectent directement la sécurité et le bien-être des enfants accueillis.

Le message envoyé à l’ensemble des salariées du groupe est dévastateur : « Taisez-vous ou vous serez les prochaines. »

Ce que le SNPPE exige et ce que nous ferons

Le SNPPE exige l’abandon immédiat de la procédure engagée contre notre élue CSE, la cessation de tout acharnement disciplinaire contre les représentants du personnel, et l’ouverture d’une négociation loyale sur les conditions de travail dans l’ensemble de l’UES.

Notre élue sera accompagnée et défendue à chaque étape. Si la direction maintient sa démarche, le SNPPE engagera toutes les voies de recours disponibles : intervention auprès de l’inspection du travail, saisine des prud’hommes pour discrimination syndicale, et dépôt de plainte pénale pour entrave et atteinte au droit syndical. La DREETS PACA sera alertée.

Le SNPPE ne lâchera rien.

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