Petite enfance : le SNPPE fait entendre ses revendications sur SQOOL TV

14 Oct 2026 | News

Le 13 octobre 2026, Véronique Escames, co-secrétaire générale du SNPPE, était invitée dans Le Grand JT de l’éducation, présenté par Virginie Guilhaume sur SQOOL TV. Aux côtés d’Émilie Philippe, porte-parole du collectif Pas de bébés à la consigne, elle a porté les revendications des professionnel·le·s après la mobilisation du 8 octobre. Retrouvez cet échange en vidéo.

[La séquence consacrée à la petite enfance commence vers 8 min 10 s et se termine vers 28 min 25 s.]

Qui prend soin de celles et ceux qui prennent soin des tout-petits ? Cette question a traversé l’échange : des équipes épuisées, des métiers insuffisamment reconnus et des moyens qui ne permettent pas de répondre pleinement aux besoins des enfants.

Accueillir un jeune enfant demande bien plus que d’assurer ses repas et ses changes. Observer son développement, comprendre ses émotions, respecter son rythme, aménager un environnement sécurisant et accompagner sa famille mobilisent des compétences professionnelles et une disponibilité réelle. La qualité de l’accueil dépend directement des conditions dans lesquelles les professionnel·le·s exercent leur métier.

Sur le plateau, les deux invitées ont expliqué les difficultés que posent les taux d’encadrement actuels, y compris lorsque les équipes sont au complet. Les absences non remplacées aggravent encore la situation. Les périodes de familiarisation et l’accompagnement d’enfants ayant des besoins particuliers exigent du temps et une présence que les effectifs disponibles ne permettent pas toujours d’assurer.

La pénurie se nourrit aussi de ces conditions d’exercice. L’écart entre ce qui est enseigné en formation et ce qu’il est possible de mettre en pratique peut conduire à une profonde désillusion, à des abandons de formation ou à des départs précoces. Pour le SNPPE, attirer de nouvelles personnes dans ces métiers suppose de leur donner les moyens d’y rester et d’y travailler dans de bonnes conditions.

Véronique Escames a également alerté sur la pénibilité : portage des enfants, travail au sol, postures contraignantes, déplacements de matériel et exposition au bruit. Les aménagements de poste, lorsqu’ils deviennent nécessaires, révèlent les difficultés à poursuivre ces métiers avec une santé fragilisée. La prévention de l’usure professionnelle et la reconnaissance de la pénibilité doivent devenir des priorités. L’échange a aussi souligné l’insuffisance des rémunérations et les inégalités de revalorisation entre professionnel·le·s.

La formation et les qualifications ont occupé une place importante dans la discussion. À propos du titre professionnel d’intervenant éducatif petite enfance (IEPE), Véronique Escames a exprimé les réserves du SNPPE sur la densité du programme et le risque de survoler des compétences essentielles. Elle a également rappelé l’importance de la présence des auxiliaires de puériculture en crèche, notamment pour accueillir des enfants en situation de handicap ou vivant avec une maladie chronique.

La question des contrôles a enfin permis de rappeler la nécessité de moyens pour l’accompagnement des équipes et la prévention. Garantir la qualité de l’accueil exige d’agir sur l’organisation du travail, les effectifs et le soutien aux professionnel·le·s.

Sur les suites de la mobilisation, les deux invitées ont fait état d’une réception par le cabinet ministériel, sans mesure concrète annoncée à ce stade. Elles ont confirmé leur volonté d’être reçues par la ministre elle-même. Le SNPPE attend des engagements opérationnels, notamment sur l’amélioration des taux d’encadrement.

Défendre les conditions de travail des professionnel·le·s, c’est défendre les conditions d’accueil des enfants. Le SNPPE poursuit cette mobilisation et porte ces exigences dans le débat public.

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