Depuis plusieurs mois, le SNPPE reçoit des signalements de professionnel·les de la petite enfance concernant des pratiques RH qui interrogent.
Dans certaines structures du secteur privé, des salarié·es sont convoqué·es à des entretiens préalables à sanction pouvant aller jusqu’au licenciement… pour des situations qui relèvent, en apparence, d’erreurs ponctuelles ou de difficultés professionnelles du quotidien.
Ces convocations sont parfois présentées comme de simples “formalités administratives” visant à rappeler les attentes de la direction.
👉 Pourtant, il est essentiel de le dire clairement : ce n’est pas une formalité.
De quoi parle-t-on concrètement ?
Recevoir un courrier de convocation à un entretien préalable signifie que l’employeur engage une procédure disciplinaire prévue par le Code du travail français.
Ce type de procédure peut déboucher sur :
- un avertissement,
- une sanction,
- voire un licenciement.
Ce n’est donc pas un simple échange professionnel.
C’est une étape formelle, avec des conséquences potentielles importantes.
Un décalage entre la situation… et la réponse apportée
Les témoignages reçus font apparaître un décalage :
- des difficultés qui auraient pu être traitées dans le cadre d’un échange avec la hiérarchie,
- et une réponse immédiate via une procédure disciplinaire lourde.
Dans les pratiques professionnelles habituelles, d’autres outils existent :
- entretien de recadrage,
- accompagnement,
- formation,
- analyse de pratiques.
👉 Passer directement à une procédure pouvant aller jusqu’au licenciement revient à changer de registre.
Une logique qui s’installe : formaliser pour se protéger
Derrière ces pratiques, une logique semble se développer :
- tout formaliser,
- tout tracer,
- anticiper un éventuel contentieux.
Autrement dit, se protéger juridiquement.
Cette logique peut exister dans tous les secteurs. Mais lorsqu’elle devient dominante, elle transforme profondément la manière de travailler.
On ne cherche plus d’abord à comprendre ou à accompagner, on cherche à sécuriser une position.
Pourquoi cela pose problème dans la petite enfance
Les métiers de la petite enfance reposent sur :
- la confiance,
- le travail d’équipe,
- la capacité à parler des difficultés,
- l’analyse des pratiques.
Introduire une logique de pression et de sanction dès les premiers écarts produit l’effet inverse :
- les professionnel·les hésitent à s’exprimer,
- les erreurs sont moins partagées,
- les équipes se fragilisent.
👉 Et à terme, c’est la qualité d’accueil des enfants qui est impactée.
Une dérive managériale : faire évoluer sous la contrainte
Dans d’autres secteurs, ces méthodes existent déjà : on formalise les attentes, on met le salarié sous pression pour qu’il “rentre dans le cadre”, et si ce n’est pas le cas, la rupture du contrat est facilitée.
Sans utiliser ces termes, certaines pratiques observées dans la petite enfance s’en rapprochent :
- on rappelle officiellement les attentes,
- on met en garde,
- et on prépare, en arrière-plan, la possibilité d’une sanction.
👉 Ce type de fonctionnement repose sur une idée simple : faire évoluer les professionnel·les par la contrainte plutôt que par l’accompagnement.
Rappel essentiel : la RH ne peut pas être uniquement juridique
Le SNPPE tient à rappeler un principe fondamental :
Une politique RH ne peut pas se limiter à gérer des risques juridiques.
Être employeur, c’est aussi :
- assurer la santé physique et mentale des salarié·es,
- respecter leur dignité,
- leur donner les moyens de travailler correctement,
- adapter l’organisation aux réalités du terrain,
- favoriser leur développement professionnel, notamment par la formation.
Ces obligations ne sont pas optionnelles.
Elles sont au cœur du droit du travail… et du sens même de ces métiers.
Professionnel·les : rester vigilant·es
Le SNPPE appelle les professionnel·les à ne pas banaliser ces situations.
Une convocation à un entretien préalable à sanction :
- n’est pas une formalité,
- doit être prise au sérieux,
- et nécessite souvent d’être accompagné·e.
Continuer à alerter pour protéger les équipes… et les enfants
Ces pratiques ne doivent pas devenir la norme.
Le SNPPE poursuit son travail d’écoute et d’alerte, afin de défendre :
- et, en filigrane, une qualité d’accueil à la hauteur des besoins des enfants et des familles. conditions de travail de celles et ceux qui les accompagnent au quotidien.
- des conditions de travail respectueuses,
- des pratiques managériales adaptées aux réalités du terrain,







